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Réveillez-vous ! 1985
g85 22/11 p. 4-8

La technique et votre vie

DANS l’Apprenti sorcier, une ballade de Goethe qui a été rendue populaire par la musique de Paul Dukas et par Fantasia, un dessin animé de Walt Disney, l’apprenti pense un beau jour à utiliser la puissance mystérieuse de son maître pour alléger sa tâche. Il métamorphose un manche à balai et l’envoie puiser de l’eau à sa place. Seulement, comme il ne sait pas l’arrêter, son esclave obéissant mais inintelligent lui en apporte tant qu’il inonde toute la maison. Heureusement, l’histoire se termine bien. Le maître arrive à la rescousse.

À l’instar du manche à balai de l’apprenti sorcier, la technique est un instrument de grande valeur. L’homme peut s’en servir pour rendre son travail plus facile, plus productif, et parfois même plus agréable. En revanche, quand il ne la maîtrise pas suffisamment ou qu’il l’utilise mal, elle peut avoir des conséquences funestes.

On en trouve un excellent exemple avec l’automobile. Il n’y a pas de doute que celle-ci a procuré de nombreux bienfaits à la société en général. Cependant, nul ne niera qu’elle a aussi eu de tristes effets: la pollution de l’air, le bruit, les décès et les blessures dus aux accidents, souvent à cause de l’imprudence des conducteurs, et ainsi de suite. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette innovation technique ne présente pas que des avantages.

Toutefois, les conséquences de la technique vont beaucoup plus loin. En effet, celle-ci est si répandue dans le monde moderne qu’elle ne change pas seulement notre manière de vivre et de travailler, mais aussi nos valeurs, la façon dont nous considérons notre personne et la société dans son ensemble. D’où cette question: Avons-​nous su employer la technique pour notre bien ou l’avons-​nous laissée régir notre mode de vie à notre détriment?

Sans l’ombre d’un doute, la plupart de nos contemporains ont bénéficié d’une manière ou d’une autre des progrès de la science et des techniques. Dans les nations développées comme dans les pays en voie de développement, la technologie a eu une foule d’heureuses conséquences matérielles dans la quasi-totalité des domaines de la vie. En tout premier lieu, l’usage de machines, d’engrais, de pesticides et de semences améliorées a augmenté la production de nourriture et enrichi l’alimentation d’une bonne partie de la population mondiale. Les progrès de la médecine ont valu à beaucoup une meilleure santé et une vie plus longue. Grâce à l’automobile, à l’avion, aux inventions de l’électronique et de l’informatique ainsi qu’aux satellites, les hommes peuvent voyager ou communiquer assez facilement d’un bout à l’autre de la terre. À l’échelle de l’individu, la technologie a éliminé quantité de tâches pénibles, tant au travail qu’à la maison.

Même si certains habitants des pays industrialisés aiment à parler du “bon vieux temps”, peu d’entre eux seraient disposés à renoncer aux multiples appareils qui leur permettent d’économiser leur temps et leurs forces alors qu’ils ont pris l’habitude de les utiliser quotidiennement. La technique est effectivement devenue une esclave utile. Pour reprendre les paroles d’un journaliste, avec elle les gens ordinaires vivent aujourd’hui “comme les rois d’antan n’auraient jamais pu le faire”.

Il y a toutefois des ombres au tableau. “Bien qu’au cours des dernières décennies l’invasion massive de la société par la technique ait apporté d’immenses bienfaits”, écrivait Colin Norman, chercheur à l’Institut Worldwatch, “les preuves s’amoncellent pour attester que certains progrès techniques aggravent une bonne partie des problèmes sociaux et écologiques plus qu’ils ne les résolvent.”

Considérons tout d’abord les effets de la technique sur l’environnement. Parlant de “crise silencieuse”, Stewart Udall, ancien ministre américain de l’Intérieur, décrivait comme suit la situation aux États-Unis:

“Si cette nation est la première du monde par la richesse et la puissance, elle l’est aussi dans la dégradation de l’habitat humain. C’est nous qui avons le plus d’automobiles et les pires dépotoirs. Nous sommes le peuple le plus mobile et le plus embouteillé du monde. C’est nous qui produisons le plus d’énergie et qui respirons l’air le plus vicié. Nos usines fabriquent plus de produits que les autres et nos rivières ont le record absolu de la pollution. C’est nous qui avons le plus de biens à vendre et qui offrons l’image la plus disgracieuse qui soit pour les recommander au monde.”

Ainsi, gouvernants et gouvernés commencent à prendre conscience de tout ce que nous coûtent les progrès techniques rapides auxquels nous souscrivons si volontiers. Certes, s’ils le voulaient, les gouvernements pourraient arrêter la dégradation de l’environnement en prenant des mesures contre les pollueurs. Mais voilà: l’industrie fournit des emplois, elle est une source de prospérité pour les collectivités locales et de revenus pour l’État. Cela se vérifie tout particulièrement dans les nations en voie de développement. En somme, certains pensent que les avantages matériels de la technique valent bien le prix qu’on leur accorde en polluant l’air, l’eau et le sol.

Les défenseurs de la technique affirment aussi que tôt ou tard celle-ci fournira la solution aux problèmes qui nous préoccupent. Le fait est que l’on possède déjà assez de connaissances techniques pour arrêter en grande partie le saccage de la terre, et même pour renverser la vapeur. Toutefois, pour le faire il faudrait de l’argent, beaucoup d’argent. Par exemple, rien que pour nettoyer les 786 dépôts de déchets toxiques jugés dangereux par le gouvernement des États-Unis, il serait nécessaire de créer un fonds de 7,5 à 10 milliards de dollars — une somme que personne n’est vraiment prêt à payer.

L’effet de la technique sur le travail et sur l’emploi a été très débattu dès l’origine. On a toujours craint que les nouvelles machines ne prennent le travail des hommes. Au début de la révolution industrielle, les ouvriers des usines textiles de Nottingham, en Angleterre, se sont sentis tellement menacés que sous la conduite d’un certain Ned Ludd ils ont détruit des centaines de nouvelles machines au cours des célèbres émeutes luddites de 1811-​1812.

Le succès de la révolution industrielle montre aujourd’hui le côté dérisoire de ces actes. Pourtant, l’apparition des automates et des robots dans les bureaux et les usines éveille maintenant de nouvelles craintes. Quelques-uns s’efforcent de les conjurer en faisant remarquer que l’informatisation crée aussi des emplois de haute technicité (opérateurs, concepteurs, programmeurs, et ainsi de suite) pour les ouvriers qui se recyclent après avoir perdu leur place. En revanche, d’autres, s’appuyant sur les statistiques, brandissent le nombre effarant des chômeurs pour montrer que les industries de pointe ne se sont pas révélées à la hauteur sous ce rapport.

D’après une enquête menée récemment à l’Université Stanford, il apparaît que “les innovations techniques ne provoquent pas seulement des déplacements de personnel. Désormais, l’industrie dans son ensemble emploiera relativement peu de personnes”. Les chercheurs soulignent que les gens sont souvent impressionnés quand ils entendent parler des nombreux postes nouveaux qu’offre l’industrie informatique. Cependant, celle-ci n’occupe qu’une toute petite partie du marché de l’emploi. Ainsi, le Bureau américain des statistiques pour l’emploi estime qu’environ 600 000 postes de haute technicité ont été créés aux États-Unis de 1972 à 1982. Et pourtant, ceux-ci ne constituaient qu’environ 5 pour cent des offres d’emploi au cours de cette période. Autrement dit, en moyenne, sur 20 demandeurs d’emploi embauchés, un seul a été dirigé vers les industries de haute technicité.

Si la technique n’a pas réussi à fournir autant de nouveaux emplois qu’on aurait pu l’escompter, d’aucuns pensent qu’elle est encore moins parvenue à améliorer la qualité du travail. Dans l’esprit de bien des gens, les postes de haute technicité sont auréolés d’un certain prestige. Toutefois, un spécialiste a remarqué que si quelques-uns de ces emplois étaient de nature à “stimuler et élargir l’esprit”, la plupart sont “incroyablement abêtissants”. Loin d’éliminer le côté fastidieux du travail, les techniques de pointe créent le plus souvent des emplois répétitifs, soumis à une surveillance extrêmement rigoureuse, et qui demandent peu de compétences. En outre, à la différence des métiers traditionnels auxquels ils se sont substitués, nombre de ces travaux sont mal payés.

Les effets les plus préoccupants de la technologie sont évidemment ceux qu’elle a sur les hommes. On entend fréquemment dire que l’automatisation et la production en série ont tendance à appauvrir la personnalité, le jugement et l’expérience de l’ouvrier. Tel est le point de vue de Karen Nussbaum, directrice d’une association de travailleurs. Celle-ci explique que sous un prétexte d’efficacité “les travaux sont de plus en plus surveillés et spécialisés. En d’autres termes, chaque ouvrier accomplit une part de plus en plus petite du travail. L’homme n’est plus qu’une extension de la machine. Ce phénomène est extrêmement déshumanisant”.

Il en résulte un sentiment d’aliénation, qui rend l’existence vide de sens et qui empêche l’individu de se réaliser. La plupart des gens ont du mal à s’intéresser à leur travail quand, jour après jour, ils se retrouvent dans une grande usine pour répéter les mêmes gestes en cadence. Ils ne voient que rarement le résultat final de leur labeur, et leur salaire est le seul bénéfice qu’ils en tirent. Selon Murray Turoff, professeur à l’Institut de technologie du New Jersey, cet état de choses produira “une génération d’employés apathiques qui ne seront guère attachés à leur entreprise”.

Ceux qui ne travaillent pas dans une entreprise ultramoderne ne sont pas pour autant à l’abri des influences de la technique. En effet, dans de nombreuses régions du globe celle-ci s’est infiltrée dans la vie quotidienne. Elle est présente dans les appareils ménagers, dans les moyens de transport, dans les loisirs et dans tant d’autres choses que plus d’un aurait probablement du mal à survivre dans une société moins industrialisée. Du reste, dans son livre La Technique Jacques Ellul remarquait que “l’état d’esprit de l’homme moderne est complètement dominé par des valeurs techniques; ses objectifs se limitent aux améliorations et au bonheur qu’il peut trouver au moyen de la technique”. Suivant le professeur Clark, que nous avons déjà cité, “dans notre course à la technique nous avons adopté un système extrêmement temporel: une société hédoniste qui fait l’impasse sur l’avenir”.

On a déjà beaucoup parlé de la menace d’anéantissement qui pèse aujourd’hui sur le genre humain. Toutefois, on ne peut nier que cette menace est en grande partie liée aux progrès techniques qui ont donné le jour à de redoutables armes de guerre, depuis l’arbalète jusqu’aux lasers de la guerre des étoiles. Dans un des plus grands tournants de cette évolution il n’a fallu que trois ans (de juin 1942 à juillet 1945) aux scientifiques et aux techniciens pour mettre au point la première bombe atomique.

Quelles ont été les suites de cet exploit technologique sans précédent? Il a déclenché et entretenu l’inexorable course aux armements qui est à l’origine de l’équilibre de la terreur. Chose plus inquiétante encore peut-être, de plus en plus de nations disposent des moyens techniques nécessaires pour fabriquer des armes atomiques.

“Il est évident que quelque chose ne tourne pas rond depuis quelques décennies”, faisait observer René Dubos, un scientifique et environnementaliste de renommée mondiale. “La maîtrise que l’homme a acquise sur la nature ne lui procure ni la sécurité ni la paix de l’esprit. Le bien-être économique ne donne pas aux gens une meilleure santé ou un plus grand bonheur. Les innovations technologiques suscitent des problèmes nouveaux, dont la solution passe toujours par la mise au point de contre-techniques nouvelles.” Il ajoutait: “Selon l’opinion générale, les scientifiques ne semblent pas encore avoir appris à se préoccuper des aspects affligeants du monde moderne qui trouvent leur cause dans la technique scientifique.”

Ainsi, contrairement à l’apprenti sorcier, nous ne pouvons pas espérer que le “maître” — en l’occurrence le monde de la science et de la technique — viendra à notre secours. En effet, scientifiques et techniciens pataugent aussi dans le flot de problèmes qui est né de l’emploi aveugle de la technique. Manifestement, ce n’est pas de nouvelles techniques que nous avons le plus besoin, mais d’une puissance supérieure, d’un gouvernement susceptible d’éliminer tous les facteurs de division pour venir au secours de l’homme.

La Bible parle de ce gouvernement en ces termes: “Le Dieu du ciel établira un royaume qui ne sera jamais supprimé. Et ce royaume ne passera à aucun autre peuple. Il écrasera et mettra fin à tous ces royaumes [ceux d’aujourd’hui], et lui-​même subsistera jusqu’à des temps indéfinis.” (Daniel 2:44). Ce Royaume n’est autre que le Royaume messianique de Dieu, celui que Dieu a confié à Jésus Christ.

La domination pacifique de ce Royaume réalisera ce dont les techniciens modernes doivent se contenter de rêver. Les déserts et les régions arides deviendront fertiles. Tous les hommes auront un travail utile et intéressant à accomplir. Les aveugles, les boiteux, les sourds et les muets seront guéris, et même la mort sera vaincue. — Voir Ésaïe 35:1, 5-7; 65:21-23.

[Entrefilet, page 6]

‘L’homme n’est plus qu’une extension de la machine. C’est extrêmement déshumanisant.’

[Entrefilet, page 8]

“Il est évident que quelque chose ne tourne pas rond depuis quelques décennies.”

[Illustrations, page 5]

Les avantages matériels compensent-​ils la pollution de l’air, de l’eau et du sol, ainsi que ses conséquences sur votre santé?

[Crédit photographique]

Photos OMS

[Illustration, page 7]

Dans les industries de pointe, la plupart des emplois sont “incroyablement abêtissants”.

[Illustration, page 8]

Les scientifiques n’ont pas réussi à résoudre les problèmes qui sont nés de leurs propres techniques. Qui y parviendra?

[Crédit photographique]

Photo U.S. Air force

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