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  • g78 8/11 p. 12-15
  • L’énigme des peintures rupestres des Boschimans

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  • L’énigme des peintures rupestres des Boschimans
  • Réveillez-vous ! 1978
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  • À la recherche d’une réponse
  • Le besoin de s’exprimer
  • Qui étaient les artistes?
  • Que révèlent ces peintures?
  • Difficiles à dater
  • Une influence étrangère?
  • Techniques et matériaux
  • Les derniers peintres Boschimans
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Réveillez-vous ! 1978
g78 8/11 p. 12-15

L’énigme des peintures rupestres des Boschimans

De notre correspondant en Afrique du Sud

POUR un connaisseur, la visite d’une galerie d’art est pleine d’intérêt et une source de plaisir. Mais même dans les grandes villes, ces galeries ne sont pas tellement nombreuses. L’Afrique du Sud, par contre, peut s’enorgueillir de centaines de galeries d’art ancien qui font la joie d’innombrables artistes, archéologues et curieux.

Nous parlons des peintures rupestres des Boschimans. Quand on regarde fasciné un rocher couvert de dessins d’hommes et d’animaux, on se demande si les artistes les ont faits simplement pour s’amuser ou s’ils voulaient transmettre un message. En outre, alors que ces artistes habitaient près d’un cours d’eau à des centaines de kilomètres de la mer, comment ont-​ils pu représenter des dauphins aussi parfaitement et, pourquoi l’ont-​ils fait?

À la recherche d’une réponse

Des équipes d’archéologues et d’artistes, telles que celle de l’expédition Frobenius, qui comprenait des artistes allemands ainsi qu’Harald Pager, un Autrichien, ont cherché la réponse à ces questions. Sachant que ces peintures allaient inévitablement disparaître, ils se sont efforcés, d’en copier et d’en photographier le plus possible. L’abbé Henri Breuil, archéologue français, figurait parmi les chercheurs renommés qui, après avoir étudié l’art primitif européen, surtout en Espagne et en France, ont tourné leur attention vers les œuvres des artistes boschimans. Ils ont découvert qu’en Afrique, plus que partout ailleurs, bien des questions restaient sans réponse. Chercher la solution de cette énigme devint une tâche si absorbante que certains d’entre eux ne sont jamais rentrés dans leur pays. Le déchiffrement des énigmes des roches était devenu le but de leur vie.

D’autre part nombre d’archéologues en chambre, voulant eux aussi connaître la réponse à ces questions, se sont précipités à la bibliothèque la plus proche. Là, ils pouvaient revoir les théories et les découvertes des experts sans avoir à gravir des montagnes, à ramper dans des cavernes ou à voyager à travers la brousse et les étendues de sable.

Le besoin de s’exprimer

On a décrit l’art rupestre comme le mode d’expression du prétendu âge de pierre, le moyen de transmettre des pensées et des croyances religieuses en l’absence supposée d’écriture. Presque chaque pays possède ses sites archéologiques qui témoignent du besoin inné de l’homme de s’exprimer au moyen de l’art, de laisser des traces de sa vie et de ses activités quotidiennes. Les tombeaux égyptiens avec leurs inscriptions restées longtemps hermétiques sont un exemple de ce besoin, tout autant que les peintures primitives des cavernes d’Europe, d’Amérique ou d’Afrique.

C’est en Afrique, au sud du Zambèze, qu’on a découvert la plus grande concentration d’anciennes peintures rupestres. En Europe, ces peintures se cachent dans de profondes cavernes qui exigent un éclairage artificiel. Par contre, en Afrique australe, on en a trouvé dans des grottes creusées dans des falaises et baignées de soleil ou sur n’importe quelle surface rocheuse bénéficiant d’un surplomb protecteur. En Afrique du Sud, on compte plus de 2 000 sites connus, mais il y en a également en Rhodésie, au Botswana, au Swaziland et dans le sud-ouest africain. Les gorges Ndedema, dans les montagnes Drakensberg, en Afrique du Sud, possèdent 16 sites qui comprennent 3 000 peintures. Il semble que cet endroit dissimulé aux regards ait été l’habitat des Boschimans pendant une longue période. Les artistes ont donc eu le temps d’employer leurs talents à la décoration intérieure. De très grandes surfaces sont couvertes de peintures qui comportent une multitude de figures humaines et animales.

Qui étaient les artistes?

Bien que l’identité exacte des artistes reste un sujet de controverses, les œuvres d’art sont généralement attribuées aux Boschimans. Pendant des siècles, ils semblent bien avoir été les seuls habitants de l’Afrique du Sud, et c’est seulement plus tard que des hommes de type négroïde ont immigré dans le pays. Les Boschimans étaient petits et avaient la peau jaunâtre. À cause de la forme de leur crâne, on a supposé qu’ils étaient apparentés aux Pygmées, dont on a trouvé des traces depuis l’Égypte jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Comme principale caractéristique physique, les Boschimans, hommes et femmes, avaient les fesses extrêmement développées.

Un document arabe datant de 1150 de notre ère décrit ces habitants primitifs de l’Afrique australe et dit que leur “langage ressemble à un sifflement”. Peut-être est-​ce une référence aux clappements encore en usage chez de nombreuses tribus noires qui descendent à la fois des premiers immigrants négroïdes et des petits Boschimans.

Malgré ce curieux langage, les Boschimans ont montré par leurs peintures rupestres qu’ils avaient de l’humour, un sens aigu de l’observation et que leur existence était plus raffinée que les chercheurs ne l’avaient pensé. Néanmoins ils vivaient simplement. À part le gibier qu’ils chassaient à coups de flèches, ils se nourrissaient de graines, de baies, de racines, d’insectes et de reptiles. C’étaient des nomades qui habitaient dans des cavernes ou des abris sous des saillies rocheuses. Dans ces foyers primitifs, ils exécutaient leurs délicates peintures qui représentaient leur mode de vie. Le chercheur britannique G. Stow a été le premier à se rendre compte que ces œuvres d’art constituent une partie du livre d’histoire de l’Afrique du Sud.

Que révèlent ces peintures?

Contrairement à l’art rupestre européen, concentré sur les différents aspects de la chasse, l’art africain s’intéressait beaucoup à l’homme et représentait des péripéties de la vie quotidienne, tantôt tragiques, tantôt humoristiques. Les Boschimans pratiquaient la chasse et la pêche, ce qui ne les empêchait pas d’aimer la danse et de jouer d’instruments de musique primitifs. Ils célébraient des cérémonies religieuses, et il leur arrivait également de s’enivrer. Si les artistes excellaient dans l’observation des animaux et des insectes, ils peignaient aussi avec talent les activités humaines. Les scènes de chasse sont nombreuses puisque la recherche de nourriture était une de leurs occupations principales. Les peintures représentent souvent les femmes portant le bâton pointu qui servait à déterrer des racines. Mais, à l’occasion, on les voit aussi participer aux danses.

Parfois, l’artiste traite son sujet sur le mode joyeux. Une scène, par exemple, montre un chasseur exalté par la victoire, tenant à bout de bras trois chevreuils qu’il présente à sa grosse femme. Ailleurs, on remarque un chasseur occupé à tailler dans le bas-ventre d’un élan mort. Les orteils de l’homme sont recourbés d’impatience, et de larges gouttes de salive dégouttent de sa bouche affamée.

Parfois c’est un drame qui fait la “manchette” du rocher. Une scène du Matopos, en Rhodésie, montre la fin malheureuse d’une chasse au lion. En effet, on voit le bras d’un chasseur qui a été sectionné par une lionne à l’air redoutable. Une autre peinture représente un meurtre. Un assaillant écrase la tête de la victime à coups de pierres, tandis qu’un autre lui décoche des flèches. Le peintre était-​il un des assaillants ou simplement un “journaliste” qui relatait les événements du jour? De plus, pour cette scène comme pour les autres, il y a la question de savoir depuis combien d’années elle a été peinte.

Difficiles à dater

Ce qui rend la datation difficile, c’est, entre autres raisons, parce qu’aucune de ces peintures n’est couverte de dépôts datables. En outre, certaines en recouvrent d’autres et, quand il est possible de reconnaître les instruments employés, leur âge peut varier de plusieurs milliers d’années. La date la plus reculée que E. Denninger donne à une peinture du site de Ndedema se situe à 200 ans près autour de 1150 de notre ère, soit environ 350 ans avant que le navigateur portugais Vasco de Gama ne contourne le Cap. Quant aux peintures plus récentes, qui représentent des bateaux, des chevaux et des wagons, elles datent de l’arrivée des colons blancs, aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Mais, selon certains, à ce moment, les styles et les techniques avaient déjà dégénéré. Dans son livre Les artistes des roches (angl.), le peintre sud-africain Walter Battiss a déclaré au sujet de la technique de la perspective: “Ucello, peintre italien de la Renaissance, n’a fait que redécouvrir et réinventer ce qu’ils [les Boschimans] savaient depuis longtemps.” Battiss suppose que les premières peintures des Boschimans sont bien antérieures aux froides œuvres d’art des dynasties égyptiennes. “Les graveurs et les peintres des roches étaient à l’œuvre en Afrique avant la construction des pyramides”, dit-​il.

Une influence étrangère?

On ignore encore s’il y a eu un lien entre l’art primitif égyptien, l’art rupestre en Europe et les peintures sur roche en Afrique du Sud. Mais certaines peintures faites par les Boschimans semblent présenter un rapport avec l’art d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

Une peinture découverte dans les montagnes de Makgaberg dans le nord-ouest du Transvaal pose des problèmes de datation et de géographie. Elle semble représenter une réception à une cour royale. On y voit cinq personnages de type européen vêtus de longues robes blanches et coiffés de turbans ou de tiares; ils s’inclinent respectueusement devant une forme peu distincte et lui offrent des cadeaux. Ces personnages paraissent être des Persans, mais puisque l’islam défend la représentation de figures humaines, cette peinture dépeint probablement une scène des temps préislamiques. Comme le site se trouve à 480 kilomètres de la côte la plus proche de l’océan Indien, la question se pose: Quand les Boschimans ont-​ils pu voir une scène de ce genre qui représente des gens d’une culture différente et habitant un lointain pays?

Dans la préface du livre Ndedema de Harald Pager, le professeur Raymond Dart, parlant d’une peinture semblable non loin de la précédente, déclare identifier un autre personnage coiffé d’une tiare à Zeus, le dieu grec du tonnerre. Une légende raconte que Zeus prit la forme d’un taureau blanc, fit monter sur son dos une jeune fille nommée Europe et la conduisit en Crète. Chose surprenante, selon une légende africaine, une jeune femme monta également sur le dos d’un taureau qui l’emmena au loin.

Non moins déconcertant est le fait que les Boschimans associaient dragons et dieux de la pluie. De plus, il y a une ressemblance entre ces derniers et Tiamat, déesse de Babylone représentée sous les traits d’un dragon. On retrouve également ce concept en Chine. De même, les artistes africains représentaient un dragon ailé, portant des cornes et soufflant de la fumée, qu’ils associaient avec le tonnerre.

Techniques et matériaux

Si l’on ne sait pas depuis combien de temps ces peintures existent, la question de leur préservation donne elle aussi matière à réflexion. Bien que les artistes ne se soient pas particulièrement souciés de mettre leurs œuvres à l’abri, soit de leurs compagnons, soit des éléments, dans bien des cas les contours de leurs peintures sont restés nets et leurs couleurs vives.

Pour fabriquer leurs peintures, les Boschimans utilisaient des pigments minéraux, de la poudre d’os carbonisés, de l’oxyde de fer, de la chaux et de la craie ainsi que de l’ocre jaune et rouge. Ces substances étaient mélangées avec de la graisse, du sang d’animaux ou des œufs d’oiseaux et aussi avec des plantes qui produisent du latex ou de la résine. Les pinceaux étaient faits avec des plumes, des os, des bâtonnets ou des cheveux. Des os creux ou de petites cornes servaient de récipients pour la peinture. Dans certains sites archéologiques, on a même trouvé des palettes d’ardoise.

Les derniers peintres Boschimans

Pendant la dernière moitié du XIXe siècle, le chercheur anglais G. Stow a mentionné deux peintres Boschimans qui portaient une petite corne à peinture suspendue à leur ceinture. Plus tard, un très vieux Zoulou se souvenait que pendant sa jeunesse, vers 1888, des Boschimans vivaient dans les cavernes des montagnes et qu’à cette époque ils peignaient encore.

Mais les petits Boschimans qui, pendant des siècles, ont parcouru l’Afrique, libres comme les oiseaux qu’ils peignaient, n’ont pas survécu aussi bien que leurs œuvres aux bouleversements qu’a connus ce continent. Au cours des derniers siècles, tandis que l’Afrique australe était progressivement occupée par des Noirs, tels que les Zoulous, et par des colons hollandais et anglais, les Boschimans ont été repoussés dans les collines. Malheureusement, ils emmenèrent avec eux les troupeaux des immigrants. Ils livraient cependant une bataille perdue, car, tandis qu’ils conduisaient les bêtes vers leurs repaires, ils furent dépistés et tués tant par les Noirs que par les Blancs. Aujourd’hui, quelques milliers de Boschimans nomades vivent encore dans les déserts du Sud-Ouest africain et au Botswana, mais ils ont cessé de peindre.

En voie de disparition

Le vent et la pluie, la fumée des feux des bergers et des campeurs ou même le vandalisme ont provoqué la disparition de nombreuses peintures. On dit qu’au début, les colons se servaient des animaux peints comme de cibles pour leurs exercices de tir. Au cours du siècle dernier, des centaines de dessins ont été découpés et envoyés à des musées d’Europe. Parfois, des gens enthousiastes et bien intentionnés ont passé de la craie sur les dessins, en ont souligné les contours au crayon ou les ont lavés afin d’obtenir de “meilleures” photos.

Tout cela a rendu nécessaire une action de la part des archéologues et des amis des arts, afin de préserver les dernières peintures des Boschimans. Cette action a d’ailleurs été soutenue par le Parlement et le gouvernement. Quoi qu’il en soit, ces précieux chefs-d’œuvre d’artistes du passé, primitifs mais pleins de talent racontent toujours de façon captivante une partie de l’histoire de l’Afrique. Ils constituent aussi un défi pour tous ceux qui cherchent à résoudre l’énigme qu’ils représentent.

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