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  • Ces deux institutrices ont quitté l’enseignement

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  • Ces deux institutrices ont quitté l’enseignement
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Réveillez-vous ! 1980
g80 8/3 p. 11-14

Ces deux institutrices ont quitté l’enseignement

“Quand j’en suis arrivée à me rendre chaque jour en classe avec appréhension, j’ai compris qu’il était temps de m’en aller.”

VOICI plusieurs décennies que les enseignants s’efforcent de résoudre le problème suivant: Pourquoi l’élève américain moyen ne sait-​il pas lire? Cet Américain, pendant tout ce temps, armé de son abécédaire, s’est attaqué à ce rude adversaire qu’est la page imprimée. Trop souvent, il était perdant dès le début, du fait que, dès sa première année, deux ou trois institutrices s’étaient succédé dans sa classe. À ce problème s’ajoutent encore ceux-ci: Pourquoi les enseignants s’en vont-​ils et pourquoi leurs compétences pédagogiques sont-​elles souvent nulles?

Qu’arrive-​t-​il à l’enseignement? Pourquoi des professeurs expérimentés et dévoués abandonnent-​ils la profession pour d’autres carrières? C’est d’ailleurs là une question que l’on m’a également posée, puisque j’ai quitté l’enseignement plus de 10 ans avant l’âge de la retraite.

Le bon temps

Dans ma famille, tout le monde était enseignant. Encore enfant, quand je jouais à l’école avec mes poupées, je rêvais déjà du moment où cette rangée de poupées de chiffon, d’ours en peluche et de poupées en porcelaine laisseraient la place à de vrais enfants dans une salle de classe à moi. Finalement, je me suis retrouvée à la tête d’une classe de garçons de cours élémentaire.

Ma carrière d’enseignante commença trois mois après le début de l’année scolaire, et j’étais déjà la troisième institutrice de cette classe. C’est ce que les élèves m’annoncèrent triomphalement, tandis qu’une petite voix flûtée susurrait: “Nous avons chassé les deux autres.” J’ai fait comme si je n’entendais pas et j’ai invité les enfants à me parler d’eux-​mêmes. Immédiatement, la conversation tourna autour de leurs animaux familiers. J’écoutais, tandis que les bouffonneries de chaque animal surpassaient celles du précédent. Finalement, j’ai demandé à un petit garçon: “Quand ton chien saute sur toi et veut jouer, alors que toi tu ne veux pas jouer, qu’est-​ce que tu fais?”

“Oh! je le repousse, tout simplement.”

“Et si, après que tu l’as repoussé, il ne revenait plus?”

“Il ne fera jamais cela!”

“Et pourquoi pas?”

“Parce qu’il m’aime bien!”

Alors, doucement, j’ai lâché: “Eh bien, je vais vous dire quelque chose. Après vous avoir tous écoutés, je sais que je vais bien vous aimer, moi aussi. Je vais faire comme ce petit chien. De temps en temps, vous pourrez me repousser, mais comme je vous aime bien, je ne vous laisserai pas me chasser. D’accord?”

Dès ce moment, j’avais gagné la partie. Cela se passait durant les premières années qui suivirent la Seconde Guerre mondiale.

Comme tous les instituteurs, j’avais mes sujets d’étude favoris. Mon préféré était “L’ascension et la chute des puissances mondiales”, cours que je donnais dans les classes d’éducation civique de sixième. J’étais stupéfaite de voir comment le manuel d’étude coïncidait avec l’histoire de la Bible. Même l’édition annotée à l’usage des professeurs de notre manuel La vie dans le monde antique (angl.) conseillait de faire lire aux élèves l’histoire du songe de Nébucadnezzar telle qu’elle est rapportée dans le livre de Daniel 2 au deuxième chapitre, et qui parle de l’ascension et de la chute des puissances mondiales.

C’était le bon temps. À l’époque, enseigner était une joie. Plus de dix ans s’étaient écoulés lorsque je quittai ma classe pour remplir mes nouveaux devoirs de mère.

Quand je repris l’enseignement, nous arrivions à la fin des années 60. La joie que j’éprouvais autrefois à enseigner aurait dû être plus grande encore, à présent que mon propre enfant allait à l’école. Mais les choses avaient changé.

L’ambiance actuelle

Le manque de respect à tous les niveaux était atterrant. Certes, les élèves n’avaient que peu de respect pour leurs professeurs, mais les jeunes professeurs avaient la même attitude envers les directeurs. Il était quasiment impossible de maintenir la discipline, ce qui était si facile autrefois. J’étais suffoquée d’entendre le vocabulaire ordurier que des élèves de 11 ans étaient capables de débiter. Quand j’en suis arrivée à me rendre chaque jour en classe avec appréhension, j’ai compris qu’il était temps de m’en aller.

J’ai décidé d’interroger d’anciens collègues et directeurs ainsi que d’anciens élèves dont beaucoup étaient à présent parents d’enfants en âge scolaire.

Parmi les sujets de plainte qui revenaient le plus figurait la discipline, ou plus exactement l’absence de discipline. Un instituteur me fit cette remarque: “On peut dire qu’on a gagné sa journée lorsqu’on a réussi à traverser d’un bout à l’autre le hall de l’école sans tomber dans une bagarre.”

Chacun donnait ses raisons au manque de discipline, mais tous citaient en premier “l’absence de respect devant l’autorité”. Un proviseur me fit cette remarque: “Beaucoup d’enfants ont appris, avant même d’entrer à l’école, que leurs parents ne respectent pas l’État et que bon nombre ne croient pas en Dieu. Pour l’enfant, les parents représentent donc l’autorité la plus élevée. Quand ils n’ont plus aucun respect pour leurs parents, qu’en est-​il alors des professeurs?”

J’ai demandé à une enseignante qui avait plus de 25 ans d’expérience derrière elle quelle importance on pouvait accorder aux principes moraux. Elle fit remarquer qu’à cet égard, les jeunes professeurs n’ont plus le point de vue des anciens et que les enseignants expérimentés doivent marcher avec prudence sur ce terrain, de peur de toucher à l’aspect religieux de la question. Un autre professeur déclara: “Le jour où l’on a supprimé les prières en classe, nous autres enseignants n’avions plus qu’à faire notre dernière prière.”

Beaucoup partageaient le sentiment que la dégradation de la tenue vestimentaire a sonné le glas de la discipline dans les écoles. On me fit ce commentaire intéressant: “Ils se sont mis à penser de la même façon qu’ils s’habillaient. Quand nous pensions que les choses ne pourraient jamais être pires, ils se sont mis à s’habiller comme ils pensaient.” Presque tous les enseignants étaient d’accord pour dire que “le niveau d’un élève va de pair avec sa tenue”. Un professeur fit cette constatation, d’un ton rêveur: “Quand on les voit affalés sur leurs sièges, en blue-jean sales, débraillés, avec leurs chemises qui ne tiennent que par les boutons du bas, il faut reconnaître que ces visages qui vous regardent fixement ne reflètent pas un grand désir d’apprendre.”

Et l’avenir

Ces commentaires négatifs ne signifient pas que tous les élèves sont rebelles. Il y en a qui sont une joie pour leurs professeurs, et à ceux-là je dois dire: “C’est grâce à vous qu’il y a encore des enseignants. Vous êtes les victimes d’un monde en mutation.” Un ancien élève a résumé la situation comme suit: “Au début des années 60, le monde était comme une toupie qui aurait perdu son équilibre. Depuis lors, elle vacille, et l’on se demande si elle retrouvera un jour son équilibre.”

Cela m’a rappelé ma classe de sixième où, durant les cours d’éducation civique, j’enseignais la marche des puissances mondiales, leur ascension et leur chute, jusqu’à la puissance actuelle qui est indéniablement vacillante. Ce sera une bonne chose quand celle-ci cédera à son tour le pas à une autre puissance que ne mentionnent pas les livres d’histoire courants, mais qui est le Royaume de Dieu placé sous la direction de Jésus Christ. Cette puissance-​là constitue pourtant le thème du plus ancien manuel qui soit, la Bible. Alors, enseigner redeviendra une joie. — D. B.

“Il était temps de cesser de lutter contre cette marée montante de parents indifférents, d’enseignants apathiques et d’enfants négligés.”

QUAND j’ai terminé mes études dans un lycée du sud du pays, au début des années 50, les élèves tenaient encore en haute estime leur proviseur et leurs enseignants. Une stricte discipline régnait encore dans les salles de classe, et le pire méfait que l’on pouvait rencontrer était de découvrir des garçons cachés derrière un buisson pour fumer une cigarette. Nous ignorions les problèmes qu’affrontait déjà la ville de New York, jusqu’au moment où parut le film “Graine de violence”. Ce film nous laissa à la fois abasourdis et incrédules. Jamais, pensions-​nous, nous ne connaîtrions une telle violence et un tel manque de respect là où nous habitions.

Au fil des ans, j’ai lu quantité de rapports sur la rébellion grandissante des jeunes. J’étais si inquiète que lorsque mon premier enfant est entré à l’école, j’ai décidé d’y entrer également comme institutrice, ce qui me permettrait de tâter le pouls des événements et d’avoir mon mot à dire sur le système pédagogique.

Au cours de mes six années d’enseignement, j’ai constaté de nombreux changements décevants. Les directeurs étaient pour ainsi dire dépouillés de toute autorité et ne disposaient d’aucun moyen de contrôle sur le personnel. Ils étaient obligés d’accepter les professeurs que leur envoyait le ministère de l’Éducation nationale. Si l’un d’eux était incompétent, le directeur ne pouvait rien faire. Beaucoup d’enseignants de “la vieille école” prenaient leur retraite et leurs remplaçants étaient vraiment incroyables. Nombre d’entre eux parlaient un anglais lamentable, le langage des rues. Certains cherchaient ouvertement querelle à leurs collègues et montraient un esprit étroit dans les questions raciales et religieuses.

Les parents à temps partiel

Plus de 90 pour cent des mères des enfants qui fréquentaient notre école de la maternelle à la cinquième travaillaient au-dehors, et au moins la moitié d’entre elles élevaient seules leur enfant. Beaucoup le déposaient devant l’établissement une heure avant l’ouverture des portes afin d’arriver à l’heure à leur travail.

Je me suis également aperçue que mes élèves n’avaient jamais eu l’occasion de parler avec des adultes. Si leurs parents s’adressaient à eux ils ne conversaient pas avec eux. Apparemment j’étais le seul adulte qui les ait jamais écoutés et complimentés. Lorsque j’ai pu organiser des réunions de parents d’élèves, c’est-à-dire avec les quelques-uns qui sont venus, je les ai encouragés à passer au moins une demi-heure le soir à écouter leurs enfants et à leur demander comment leur journée s’était passée, ce qu’ils avaient appris à l’école, etc. Beaucoup de ces enfants ne voyaient leurs parents que deux heures le soir pendant la semaine. Comme certains parents travaillaient par équipe, leurs enfants ne les voyaient que deux jours par semaine, le week-end.

Les pitres proviennent de foyers brisés

Je me suis aperçue que les pitres, ceux qui sèment la pagaille dans les classes, provenaient de foyers brisés ou dont les parents étaient absents. Ces enfants avaient besoin d’affection et faisaient n’importe quoi pour attirer l’attention sur eux. Ils étaient d’une farouche loyauté envers leurs parents et racontaient un tas de vantardises à leur sujet. Je devinais que ce qu’ils voulaient dire, c’était: “Je veux que mes parents soient comme je les décris.”

Une autre découverte était qu’au foyer, les règles établies par les parents n’étaient jamais respectées. Les enfants n’accordaient donc guère d’importance aux règlements scolaires, se disant que l’école ne ferait pas plus respecter son règlement que leurs parents, ce qui était souvent le cas.

Je n’ai jamais essayé d’enseigner dans un lycée. J’avais entendu parler de coups de feu, de coups de couteau, de viols dans les lycées, et je savais qu’il s’y commettait chaque jour des vols et que l’on y vendait de la drogue. Dans la plupart des lycées, il fallait la présence des forces de l’ordre. Mais aussi bien les enseignants que la police fermaient les yeux sur la large diffusion de la marijuana. Certains élèves, beaucoup, pour être précis, étaient abrutis par la drogue d’un bout à l’autre de l’année scolaire.

Finalement, je me sentais chaque jour plus déçue et exaspérée de l’école et je rentrais contrariée à la maison. C’est là que j’ai compris qu’il était temps de cesser de lutter contre cette marée montante de parents indifférents, d’enseignants apathiques et d’enfants négligés. J’ai quitté l’enseignement pour consacrer ce temps libre à m’acquitter de mes tâches familiales. À présent, j’ai le temps d’enseigner un sujet plus enrichissant et satisfaisant, le nouveau système de choses que Dieu va instaurer, sous la direction de Jésus Christ, et qui constituera la réponse à tous les problèmes de l’humanité. — S. F.

[Photo de D. B., page 11]

[Photo de S. F., page 13]

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