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  • Les victimes innocentes de l’ère atomique

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  • Les victimes innocentes de l’ère atomique
  • Réveillez-vous ! 1984
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Réveillez-vous ! 1984
g84 8/10 p. 24-27

Les victimes innocentes de l’ère atomique

De notre correspondant à Guam

LE LUNDI 1er juillet 1946, le calme miroitement du lagon d’un atoll peu connu de l’archipel Marshall situé à environ 3 200 kilomètres au sud-ouest d’Hawaii, ce calme fut brisé en mille éclats par une explosion aveuglante. Un nuage radioactif en forme de champignon monta à 10 kilomètres dans le ciel, et Bikini connut instantanément la célébrité comme théâtre de la première expérience atomique en temps de paix.

Bikini est composé d’un certain nombre de petites îles tropicales et d’îlots dispersés autour d’un lagon ovale de 775 kilomètres carrés. Cinq mois après que les villes d’Hiroshima et de Nagasaki eurent été dévastées par des bombes atomiques, le gouvernement américain choisit Bikini pour faire de nouvelles expériences nucléaires et l’annonça officiellement dans tous les États-Unis. Cependant, ce n’est que quelques semaines plus tard que les habitants de Bikini furent informés qu’ils allaient être obligés de quitter leurs îles.

Les 167 insulaires répugnaient à s’en aller, mais ils y consentirent quand on leur affirma que ces expériences avaient pour but “le bien de l’humanité et la fin de toutes les guerres mondiales”. Bientôt, des centaines de navires et d’avions commencèrent à débarquer des milliers de membres du personnel scientifique et militaire sur l’atoll planté de cocotiers. Pendant ce temps, les insulaires se préparaient tristement à quitter leurs foyers et s’embarquaient pour une longue odyssée qui, pour beaucoup d’entre eux, n’est pas encore terminée.

Comme on avait dit aux autochtones qu’ils pourraient rentrer chez eux quand les expériences auraient pris fin, ils décidèrent de s’installer sur l’atoll de Rongerik, à 200 kilomètres plus à l’est. Mais Rongerik ne soutenait pas la comparaison avec Bikini. Cet atoll, inhabité jusqu’alors, est composé de 17 îles totalisant 1,3 kilomètre carré de terres émergées tandis qu’il y en a 6 kilomètres carrés à Bikini. Son lagon de 142 kilomètres carrés est loin de valoir celui de Bikini qui en fait 775. De l’unique puits, on ne pouvait tirer que de l’eau saumâtre. Les noix de coco étaient de mauvaise qualité. De plus, alors que de nombreuses espèces de poissons étaient comestibles à Bikini, celles-ci renfermaient des toxines à Rongerik. Moins de deux mois après être arrivés, les natifs de Bikini demandèrent à retourner chez eux. C’était malheureusement impossible.

Les habitants d’un atoll voisin, celui de Rongelap, apprirent que les natifs de Bikini étaient dans la misère. Ils essayèrent donc de les aider en leur apportant dans leurs canots du poisson et d’autres aliments. Cependant, la situation à Rongerik continuait à se détériorer. Un incendie catastrophique détruisit 30 pour cent des cocotiers en pleine production, ce qui jeta les habitants dans une famine encore plus grande. Plusieurs rapports médicaux rédigés au cours des deux années suivantes confirmèrent que les anciens habitants de Bikini étaient “un peuple qui souffrait de la faim” et que leur départ de Rongerik avait été “trop longtemps retardé”.

Finalement, on les évacua de nouveau, cette fois-​ci vers un campement temporaire sur une base de la marine américaine à Kwajalein, toujours dans l’archipel Marshall. Quelques mois plus tard, ils votèrent leur départ pour Kili. Il s’agissait d’une île isolée de seulement 86 hectares, mais il y avait un argument qui parlait en sa faveur: elle était inhabitée. Pourquoi était-​ce si important?

Les indigènes de l’archipel Marshall ne possèdent pas de droits sur la terre de leurs atolls sinon ceux du groupe social auquel ils appartiennent. Ils n’achètent ni ne vendent du terrain comme cela se fait dans les autres pays. Comme ce sont la terre et la mer qui leur fournissent leur subsistance, les habitants de l’archipel Marshall hésitent à s’établir là où d’autres indigènes sont déjà installés. Partout ailleurs que sur un atoll inhabité, ils seraient considérés comme des parents pauvres et leur existence dépendrait du bon vouloir des natifs du lieu. Les indigènes de Bikini ne voulaient pas se retrouver dans une situation semblable. En conséquence, ils partirent pour Kili.

Mais les conditions de vie y étaient difficiles. Kili est cernée par une étroite bande rocheuse qui descend en pente abrupte dans les eaux profondes. Si les cocotiers y poussent bien et les pluies y sont généreuses, il n’y a ni poissons coralliens ni coquillages, car les vagues se brisent directement sur la barrière rocheuse. Les canots sont inutilisables puisqu’il n’y a pas moyen de les lancer sur la mer houleuse. Pendant la saison des alizés, les tempêtes sur l’océan sont si violentes que les bateaux de ravitaillement ne peuvent pas aborder dans l’île. Un ancien habitant de Bikini qui vit maintenant à Majuro fit ce commentaire: “La vie à Rongerik et à Kili était très dure. C’était pire que d’être en prison, car ces îles sont très petites et il n’y avait pas assez à manger.”

Pendant ce temps-​là...

Pendant ce temps-​là, les États-Unis convoitaient pour d’autres expériences atomiques un atoll composé de 40 îlots, connu sous le nom d’Eniwetok et situé lui aussi dans l’archipel Marshall. On évacua donc les insulaires à Ujelang, à 200 kilomètres au sud-ouest. Par hasard, les natifs de Bikini avaient également choisi cette île pour s’y établir et avaient même commencé à y bâtir leurs nouvelles maisons quand, sans presque les en avertir, les autorités y envoyèrent les natifs d’Eniwetok. Les indigènes de Bikini en ressentirent une profonde amertume.

Puis l’époque des bombes à hydrogène commença. La première explosion eut lieu à Eniwetok en 1952. Trois îles ont été pulvérisées, l’une complètement et les deux autres en partie. Le 1er mars 1954, une expérience désastreuse (baptisée Bravo par ironie du sort) se déroula à Bikini. Il s’agissait de la plus grosse bombe à hydrogène jamais annoncée, peut-être 700 fois plus puissante que la première bombe atomique qui explosa sur Bikini. Un éclair de lumière aveuglante suivi d’une boule de feu qui atteignit des dizaines de millions de degrés partit dans le ciel d’Eniwetok à la vitesse de 483 kilomètres à l’heure. En quelques minutes, l’énorme nuage en forme de champignon monta à plus de 30 kilomètres.

Le lagon fut ébranlé par des vents qui atteignirent plusieurs centaines de kilomètres à l’heure. Des centaines de millions de tonnes du récif corallien, des îles et du lagon de Bikini furent pulvérisées et aspirées dans les airs. Des vents d’altitude transportèrent les cendres radioactives à 130 kilomètres de là et en saupoudrèrent 23 pêcheurs japonais sur leur bateau, Le dragon de la chance. À plus de 160 kilomètres du lieu de l’explosion, des cendres radioactives tombèrent sur une épaisseur de 5 centimètres sur les atolls de Rongerik et de Rongelap dont les habitants avaient été si gentils pour les exilés de Bikini. Environ 440 kilomètres plus loin, les cendres descendirent en brouillard sur l’atoll d’Utirik. En tout, 11 îles et 3 atolls ont été directement touchés.

Peu après, les pêcheurs japonais ainsi que les habitants d’Utirik et de Rongelap commencèrent à ressentir les effets d’une grave irradiation: démangeaisons, brûlures cutanées, nausées et vomissements. L’un des pêcheurs japonais mourut peu de temps plus tard, aussi le gouvernement japonais reçut-​il, pendant deux années consécutives, l’équivalent de 8 millions de francs français en dédommagement pour les préjudices causés aux autres membres de l’équipage et à l’industrie du thon.

À la fin des expériences, il y avait eu 23 explosions nucléaires à Bikini et 43 à Eniwetok d’une puissance allant de 18 kilotonnes à 15 mégatonnes. Bien qu’il y eût des interruptions entre les expériences, il fallait compter une explosion nucléaire tous les deux jours quand une série commençait.

Que se passa-​t-​il ensuite?

Quelque temps après la fin des expériences, tout le monde pensait que les indigènes de Bikini allaient pouvoir rentrer chez eux. À la suite d’une première analyse effectuée par la Commission pour l’énergie atomique en 1969, l’atoll de Bikini fut déclaré zone sûre. Tous les débris consécutifs aux explosions devaient être immergés à trois endroits situés à moins de deux kilomètres de là dans le lagon. On déclara aux indigènes de Bikini: “Il ne reste pratiquement plus de radiations et nous n’en avons trouvé aucune trace visible sur la vie végétale ou animale.” Il était prévu que le nettoyage et le repeuplement de l’île devaient s’étendre sur une période de huit années.

Pourtant, le rêve que les indigènes faisaient depuis si longtemps se transforma en cauchemar. Au lieu des îles à la végétation luxuriante qu’ils avaient quittées, ceux qui y revinrent retrouvèrent un atoll ruiné, couvert d’épaisses broussailles sans valeur de quelques rares arbres et de tonnes de débris d’explosion. Certains indigènes pleurèrent amèrement. Néanmoins, ayant reçu une aide financière, ils se mirent au travail pour replanter cocotiers et autres plantes ainsi que pour reconstruire leurs maisons.

Cependant, leurs problèmes n’étaient pas terminés. Des examens radiologiques effectués en 1972 et en 1975 révélèrent que la radioactivité était beaucoup plus élevée qu’on ne le pensait au départ. Dans certains puits, l’eau était trop radioactive pour être potable. Certains aliments furent interdits à la consommation. Enfin, on découvrit des taux de radioactivité très élevés dans l’organisme des insulaires. Ainsi, une fois de plus, les indigènes de Bikini durent déménager et retourner à Kili. Il leur fallut abandonner les 50 000 cocotiers et les 40 nouvelles maisons qui faisaient partie du plan de réinstallation, plan qui aurait coûté l’équivalent de 24 millions de francs français. Des études scientifiques effectuées en avril 1983 à Bikini montrent qu’à moins d’un nettoyage en profondeur, il faudra laisser passer au moins 110 ans avant que l’on puisse y revivre.

Que sont devenues les autres victimes?

En 1958, lors d’une explosion de 18 kilotonnes, la réaction en chaîne ne se produisit pas, et du plutonium 237, élément mortel, se répandit sur l’île de Runit, l’une des 40 îles qui composent l’atoll d’Eniwetok. On rassembla les débris pour les enterrer dans le cratère creusé par la bombe que l’on ferma par une dalle de béton de 113 mètres de diamètre sur 48 centimètres d’épaisseur. Elle recouvre 84 000 mètres cubes de certains des plus dangereux déchets du monde. Selon une étude, ce sera une zone interdite “pour l’éternité”. Seules trois îles de cet atoll sont habitables, et encore le régime de leurs habitants consistera en aliments importés jusqu’à ce que les cocotiers, les arbres à pain et l’arrow-root que l’on y a plantés atteignent la maturité. En 1980, 500 natifs d’Eniwetok revinrent chez eux, mais moins de deux ans plus tard 100 d’entre eux repartirent en raison de la dureté des conditions de vie. Le nettoyage et les phases successives de réinstallation ont coûté l’équivalent de 1 744 millions de francs français.

Pendant ce temps-​là, dans les atolls qui avaient été touchés par les retombées radioactives, les taux des malformations de la thyroïde, des cataractes, des retards de croissance, des enfants morts à la naissance et des fausses couches sont beaucoup plus élevés que dans le reste de l’archipel Marshall. Nombre des 250 indigènes exposés aux radiations de l’explosion “Bravo” de 1954 sont atteints de tumeurs de la thyroïde. Tous les 250 souffrent de malformations thyroïdiennes. Ils semblent anormalement sensibles aux rhumes, aux grippes et aux maux de gorge. La plupart d’entre eux se fatiguent rapidement et presque tous sont inquiets pour leur santé.

Un chef de gouvernement déclara: “Toute personne qui a été exposée aux radiations se demande: ‘Est-​ce que j’irai bien demain? Mes enfants seront-​ils normaux?’ Et, quand elle tombe malade, elle se pose cette question: ‘Est-​ce une maladie ordinaire ou est-​ce le fantôme de la bombe qui vient me chercher des années après?’” Un homme qui vit sur l’atoll d’Utirik se lamentait en disant: “Plusieurs de mes bébés qui sont nés en bonne santé sont morts avant l’âge d’un an. (...) J’ai perdu quatre bébés en tout. Mon fils Winton, qui est né juste un an après la bombe, a subi deux opérations de la gorge pour un cancer de la thyroïde.”

“L’attente différée...”

L’avenir des exilés de Bikini n’est toujours pas assuré. Le gouvernement américain examine leur dernier choix, Hawaii. La plupart d’entre eux vivent toujours sur l’île de Kili. Leur expérience montre à quel point la course aux armements nucléaires est tragique. Elle coûte beaucoup plus en argent et en efforts que la race humaine peut se le permettre; et même en période de paix, elle fait des victimes, y compris des personnes innocentes qui vivent très très loin des grandes puissances dont le but est d’obtenir la suprématie dans ce domaine.

La Bible dit: “L’attente différée rend le cœur malade.” (Proverbes 13:12). C’est ce qui est arrivé aux indigènes de Bikini qui ont fait confiance aux hommes. Néanmoins, depuis de nombreuses années maintenant, un message est diffusé par radio depuis Majuro dans tout l’archipel Marshall, message qui attire l’attention, non pas sur la course aux armements, mais sur le Royaume de Dieu comme source de la véritable sécurité. Là, c’est véritablement pour “le bien de l’humanité et la fin de toutes les guerres mondiales”. Le Royaume fera bientôt “cesser les guerres jusqu’à l’extrémité de la terre” et ‘saccagera ceux qui saccagent la terre’. — Psaume 46:9; Révélation 11:18.

Quand les indigènes de Bikini qui vivent à Kili vont à Majuro pour faire des provisions ou des affaires, les nombreux Témoins de Jéhovah qui habitent là leur communiquent personnellement ce message. Le fait de savoir que l’heure à laquelle le Royaume rétablira des conditions paradisiaques sur la terre est très proche, ce fait les aidera à apprécier la deuxième partie du verset cité plus haut Pr 13:12: “La chose désirée, quand elle arrive, est un arbre de vie.” Sous ce Royaume, il n’y aura plus de menace nucléaire ni de victimes.

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