BIBLIOTHÈQUE EN LIGNE Watchtower
Watchtower
BIBLIOTHÈQUE EN LIGNE
Français
  • BIBLE
  • PUBLICATIONS
  • RÉUNIONS
  • w71 15/4 p. 249-252
  • Je n’oublie pas que Jéhovah m’a conduit

Aucune vidéo n'est disponible pour cette sélection.

Il y a eu un problème lors du chargement de la vidéo.

  • Je n’oublie pas que Jéhovah m’a conduit
  • La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1971
  • Intertitres
  • Document similaire
  • Je comprends que j’ai une responsabilité
  • Le ministère à plein temps
  • Prédication dans d’autres pays
  • De retour dans la fosse aux lions
  • Joie du matin
  • Un flot continu de bénédictions
  • Délivrés de l’inquisition totalitaire par la foi en Dieu
    La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1962
  • “N’oublie pas ses nombreux bienfaits”
    La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1966
  • “ Jéhovah est mon pasteur, je ne manquerai de rien ”
    La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1963
  • Fidèle au Royaume dans l’Allemagne d’après-guerre
    La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1984
Plus…
La Tour de Garde annonce le Royaume de Jéhovah 1971
w71 15/4 p. 249-252

Je n’oublie pas que Jéhovah m’a conduit

Raconté par Martin Poetzinger

JE SUIS né au début du siècle dans une ville arrosée par une belle rivière, l’Isar. Cette ville, c’est Munich, capitale de la Bavière et fief du catholicisme, théâtre de maints événements historiques et jadis siège du mouvement nazi.

À dix ans, je m’intéressais déjà à des questions auxquelles mon professeur, catholique, était incapable de répondre d’une manière satisfaisante. Pourquoi l’homme meurt-​il ? La mort signifie-​t-​elle la fin de toute existence ?

Je suis entré pour la première fois en contact avec la pure vérité de la Bible en 1926. Mon frère m’avait parlé d’un groupe de personnes qui se réunissaient pour étudier la Bible ; il avait assisté à leurs réunions. Je me suis mis, moi aussi, à les fréquenter, et aussitôt après, je me suis procuré une traduction catholique de la Bible.

C’est ainsi que je suis devenu un lecteur de la Bible ; l’un des premiers textes qui m’ont particulièrement frappé est celui d’Amos 8:11, où le prophète parle d’une grande famine d’entendre les paroles de Jéhovah. J’ai compris que j’étais l’un de ces nombreux affamés, mais voici qu’enfin j’obtenais une nourriture satisfaisante pour l’esprit.

Je comprends que j’ai une responsabilité

L’une des premières questions que j’ai posées est celle-ci : “Une personne quelconque, aimant Dieu, peut-​elle participer à l’œuvre de proclamation du Royaume ?” La réponse étant affirmative, j’ai demandé un territoire personnel, puis, après avoir rempli mon sac de cinquante brochures, des auxiliaires bibliques, je suis parti prêcher, seul, de maison en maison. Au bout de quelques instants, il ne me restait plus que douze brochures. Ce n’était là que la première des nombreuses heures joyeuses que j’ai passées depuis dans la proclamation du Royaume.

À l’automne de cette année-​là, j’ai acquis la conviction que Jéhovah m’avait conduit jusque-​là pour que je fasse un nouveau pas important. Une grande réunion a eu lieu dans l’immense tente du “Circus Krone” ; le discours présenté avait pour thème Ésaïe 6:8. L’orateur a ensuite invité les personnes présentes, qui avaient entendu et compris ces paroles, à s’unir pour faire à Jéhovah la déclaration solennelle suivante : “Me voici, envoie-​moi.” Rempli de la Parole de Dieu, je me suis joint à un important groupe de personnes qui ont répété les paroles du prophète, dont elles avaient compris le sens. Aussitôt après, j’ai été baptisé.

Le jour de mon baptême est resté gravé dans ma mémoire. Je me souviens notamment des paroles prononcées par mon père au moment de mon départ pour cette cérémonie : “Mon fils, m’a-​t-​il dit, as-​tu bien réfléchi au pas que tu vas faire ?” Je l’ai rassuré. Je n’oublierai jamais ce qu’il m’a dit ensuite : “Je ne veux pas t’empêcher de faire ce pas ; mais souviens-​toi que lorsqu’on fait un vœu à Dieu, on est tenu de l’accomplir.” C’était précisément ce que j’avais l’intention de faire. Aussi, lorsque sont arrivées les vacances, au lieu de les passer à me détendre, je me suis rendu dans la Forêt bavaroise dans le but de m’exercer au ministère à plein temps de maison en maison.

Je savais que l’activité dans la prédication à laquelle nous participions était une œuvre de salut. Mais je n’ai réellement compris à quel point elle l’était, au sens propre du terme, qu’à la suite d’un incident survenu au cours de mon ministère. Un jour, alors qu’il ne me restait plus qu’un seul livre dans mon sac et que l’orage menaçait d’éclater, je me hâtais de rentrer chez moi, au village voisin. Soudain, j’aperçois une petite maison perchée sur la colline. Je jugeais le moment mal choisi pour grimper le chemin escarpé qui y conduisait. Cependant, un certain sentiment de responsabilité m’a poussé à le faire. Une fois arrivé sur les lieux, je trouve la maison fermée. Tandis que j’hésite, ne sachant que faire, je perçois un léger bruit venant de la grange. Je pousse la porte et j’aperçois un homme, debout, qui me dit d’une voix lasse : “Que voulez-​vous ?”

Je lui explique le but de ma visite. Il me répond que tout cela n’a plus aucun sens pour lui. Il a envoyé tous ses gens aux champs afin de rester seul, car il a l’intention de se pendre avec la corde qu’il tient à la main. Aussitôt, saisissant le livre qui me reste, je commence à lui exposer l’espérance offerte par la Parole de Dieu aux cœurs fatigués et brisés : un Royaume de paix et de justice. L’orage se rapproche. J’attends la réaction de l’homme. Quelques minutes s’écoulent, puis ce dernier, s’essuyant le front et raccrochant la corde au mur, me dit : “Pour ce Royaume-​là, j’ai encore du courage. Jeune homme, Dieu vous a envoyé à la dernière minute. J’aimerais garder ce livre afin de l’étudier avec soin.”

Le ministère à plein temps

Je suis entré dans la carrière de ministre à plein temps le 1er octobre 1930. La Société m’a envoyé avec plusieurs compagnons dans une région catholique de la Forêt-Noire située près de la frontière suisse, sur les bords du lac de Constance. En 1931, elle nous a invitée à assister à l’assemblée de Paris où étaient venus des délégués de vingt-trois nations. Nous sommes aussi allés à un autre congrès, à Berlin, et avons visité les bureaux de la filiale de la Société Watch Tower à Magdebourg.

En 1931, nous avons reçu le nom de témoins de Jéhovah. À chaque porte, les gens prenaient un air surpris quand nous nous présentions en disant : “Aujourd’hui, je viens vous voir en ma qualité de témoin de Jéhovah.” Ils secouaient la tête ou disaient : “N’êtes-​vous plus Étudiant de la Bible ? Ou seriez-​vous membre d’une nouvelle secte ?” Mais à présent, trente-neuf ans plus tard, quel changement ! Je n’ai pas le temps de dire une parole qu’ils me disent : “Vous êtes certainement témoin de Jéhovah.”

Le texte de l’année 1933 nous rappelait que le nom de Jéhovah est une tour forte (Prov. 18:10, AC). Nous avions grand besoin de cette certitude, car le nationalisme belliqueux, soutenu par la religion, se propageait déjà. Le gouvernement ordonna l’interdiction de notre œuvre, la fermeture de nos lieux de réunion et la confiscation de nos publications. Était-​ce la fin de mon cher service à plein temps ? J’ai reçu la visite de la Gestapo tristement célèbre, mais comme elle n’a pu trouver aucune accusation à formuler contre moi, elle m’a laissé sur cet ultimatum : Interdiction absolue de quitter Munich, sinon préparez-​vous à aller au camp de concentration de Dachau.

Prédication dans d’autres pays

La situation en Allemagne devenait chaque jour plus difficile. À l’automne, la Société m’a demandé d’aller prendre soin des intérêts de l’œuvre en Bulgarie. Heureusement pour notre ministère, nous étions munis de cartes de témoignage facilitant la présentation des publications en toutes langues. Ces cartes m’ont été très utiles, car pendant un certain temps, elles ont constitué pour moi le seul moyen d’entrer en communication avec les Bulgares. Je n’ai pas tardé à comprendre combien il était important que j’apprenne vite l’alphabet cyrillique, car nombreuses étaient les personnes illettrées à qui j’étais obligé de lire le message imprimé sur la carte.

Les adultes de ce pays avaient vécu une période agitée, et peu d’entre eux étaient allés à l’école. Souvent, c’étaient de jeunes enfants qui faisaient la lecture devant un cercle de personnes d’âge mûr, à la lumière d’une lampe à pétrole. Le message du Royaume sortait de la bouche des petits enfants.

Les Bulgares suivent une coutume qui m’a fort embarrassé au début : ils font un signe de tête affirmatif pour dire “non” et remuent la tête horizontalement pour dire “oui”. J’ai eu de la peine à m’y habituer. Il m’arrivait souvent de me préparer à quitter les gens en croyant qu’ils ne s’intéressaient pas à notre message biblique.

En l’espace d’un an, les pressions se sont à ce point accrues que ceux d’entre nous qui étaient étrangers ont été expulsés. Je suis allé alors en Hongrie où il m’a fallu apprendre une nouvelle langue et d’autres coutumes. À Budapest, j’ai eu la grande joie de rencontrer un groupe de pionniers (ministres à plein temps) allemands qui dirigeaient régulièrement des réunions d’étude, ce dont j’étais privé depuis plus d’un an. Le permis de séjour accordé aux étrangers se limitant à six mois, je suis allé ensuite en Slovaquie pour aider les témoins de langue allemande résidant à Bratislava.

Là, j’ai été arrêté illégalement comme espion, emprisonné pendant trois jours et finalement expulsé. Je me suis rendu à Prague, mais cette fois à mes propres frais. Là, la Société m’a invité à aller en Yougoslavie pour diriger un groupe de ministres pionniers établis dans ce pays. C’était merveilleux d’être conduit par Jéhovah au moyen de son organisation théocratique.

J’ai gardé de cette période de nombreux et heureux souvenirs : trajets de plusieurs kilomètres à pied à travers champs et villages, sac au dos rempli de publications ; gens hospitaliers nous offrant un repas, voire un lit pour une nuit, randonnées à pied à travers la “puszta” (plaine) hongroise, sous le ciel étoilé, au son d’une balalaïka que l’air frais du soir nous apportait d’une ferme éloignée ; retour à la maison, la nuit, chargé des publications que j’étais allé chercher à notre dépôt, afin d’être équipé le lendemain pour le ministère dans un autre territoire ; soirée passée dans une ferme où l’on m’avait invité à rester, et arrivée des voisins, désireux d’entendre parler plus amplement du message du Royaume.

De retour dans la fosse aux lions

Après une grave maladie ayant nécessité un long séjour dans un hôpital de Zagreb, j’ai jugé utile de rentrer en Allemagne. Là, je me suis trouvé bientôt engagé dans un mouvement clandestin, non pas politique, mais une œuvre de prédication accomplie en secret par les témoins de Jéhovah à travers tout le pays. En 1936, deux événements très différents ont exercé une influence sur ma vie. En août, j’ai épousé une chrétienne qui faisait partie de notre groupe durant la période de prédication mouvementée en Europe centrale. De plus, cette année-​là, j’ai été arrêté puis emmené dans un camp de concentration pour avoir refusé de renier ma foi et de reconnaître le gouvernement d’Hitler comme autorité suprême. Pendant que je me trouvais à Dachau, ma femme séjournait en prison dans un autre endroit.

Ma première impression au camp, en voyant les prisonniers se rendre au travail au pas de course, a été de me trouver dans un repaire de démons. Mais quelque chose de pire nous attendait encore. En effet, lorsque Dachau a été transformé en centre de recrutement, on nous a transférés au camp d’extermination de Mauthausen, en Haute-Autriche. Là, dans les carrières de granit, il fallait faire de vigoureux efforts pour sauvegarder notre foi.

Nous étions 145 témoins dans ce camp où la Gestapo mettait tout en œuvre pour nous faire renier notre foi en Jéhovah. Régime de famine, amitiés trompeuses, brutalités, obligation de rester debout pendant des journées entières ou suspendus par les poignets à un poteau de trois mètres de haut, coups de fouet ; tous ces mauvais traitements, et bien d’autres, trop dégradants pour être mentionnés, nous ont été infligés. Mais Jéhovah continuait de nous diriger, en nous rappelant ses magnifiques conseils : “Mon fils, sois sage, et réjouis mon cœur.” — Prov. 27:11.

Joie du matin

Enfin, le jour tant attendu est arrivé ; la vie de cauchemar dans un camp de concentration nazi a pris fin. Les forces américaines ont désarmé la police viennoise qui, depuis quelques semaines, assurait la relève et surveillait le camp de Mauthausen. C’était maintenant au tour des gardiens d’être prisonniers. De nombreux détenus, non témoins, ont saisi l’occasion pour régler leurs comptes avec leurs anciens gardes-chiourmes cruels. Il en est résulté une scène horrible, au cours de laquelle plus d’un millier de prisonniers ont péri.

Pendant ce temps, nous, les témoins, étions rassemblés dans l’une des rues libres du camp pour prier ensemble. Tandis que les autres détenus couraient ça et là à la recherche de leurs anciens bourreaux, Jéhovah protégeait les siens, ne permettant pas que l’un quelconque d’entre eux fût touché, même par une balle perdue. Nul n’avait de compte à régler avec nous, car il était reconnu que nous étions des chrétiens amis de la paix.

Finalement, en compagnie d’autres prisonniers, j’ai été conduit à Munich, ma ville natale. Au milieu des ruines, nous avons pris des dispositions pour nous réunir et poser les bases de la reprise de l’œuvre de prédication du Royaume que nous allions désormais accomplir en toute liberté. Aussitôt après, la Société m’a prié d’entrer en contact avec nos frères dans la foi en Autriche. Avec l’aide d’une sœur chrétienne connaissant bien le pays, je me suis arrangé pour réunir à Salzbourg des témoins fidèles et dignes de confiance, afin de leur exposer les conseils de la Société concernant la réorganisation de notre ministère chrétien. Quelle joie de voir ces visages rayonnants tandis qu’ils se préparaient en vue de la grande œuvre de réhabilitation qui allait s’accomplir pendant la période d’après-guerre !

Un flot continu de bénédictions

Puis, en succession rapide, j’ai reçu bénédiction sur bénédiction. Imaginez ma joie de retrouver ma femme après neuf années de cruelle séparation, années que nous avions passées tous les deux en prison. La Société a organisé une série de dix assemblées, la première ayant eu lieu à Nuremberg, du 28 au 30 septembre 1946. Quelle victoire pour Jéhovah ! Sur la célèbre esplanade Zeppelinwiese, là où avaient lieu les grandes manifestations du parti nazi, dans l’immense amphithéâtre en plein air où se dressent 144 gigantesques colonnes, le peuple de Jéhovah s’est réuni pour étudier en paix la Parole de Dieu, tandis que, le même jour, vingt et un chefs nazis étaient condamnés à mort pour leurs crimes contre l’humanité.

Les mots ne peuvent décrire la joie que nous avons éprouvée à assister à l’assemblée de New York en 1950, puis à celle qui s’est tenue, en 1953, au Yankee Stadium, véritable mer de visages heureux ; l’émotion que nous a procurée l’invitation à venir à l’École de Galaad, en 1958 ; les moments inoubliables qui ont marqué notre départ de cette chère école, à South Lansing, au printemps 1959 ; puis le retour en Allemagne où de nombreux autres privilèges nous attendaient, alors que nous avions la certitude bien affermie que Jéhovah nous conduirait.

Nous avons maintenant derrière nous deux, plus de soixante-quinze années passées dans le ministère à plein temps, en époque favorable et en époque difficile. Du fond du cœur, ma femme et moi disons à tous ceux qui en ont la possibilité : “Soyez pionniers !”

À celui qui nous demanderait si, revenus au temps de notre jeunesse, nous aimerions être conduits sur le même chemin, nous répondrions : OUI ! Avec cette différence que nous nous engagerions plus tôt dans cette voie. En acceptant, très jeune, les joies et les responsabilités attachées au service à plein temps, on a tellement plus d’occasions de se rendre compte que Jéhovah nous conduit par la main et comment il dirige notre vie. En répondant sans tarder à l’invitation de Jéhovah et en disant : “Me voici, envoie-​moi !”, nous goûterons de nombreuses bénédictions, non seulement aujourd’hui, mais dans l’ordre nouveau et juste qui sera prochainement établi et où nous pourrons évoquer avec joie la voie que nous aurons suivie, conduits par Jéhovah.

    Publications françaises (1950-2025)
    Se déconnecter
    Se connecter
    • Français
    • Partager
    • Préférences
    • Copyright © 2025 Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania
    • Conditions d’utilisation
    • Règles de confidentialité
    • Paramètres de confidentialité
    • JW.ORG
    • Se connecter
    Partager