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Entreprendre le service là où le besoin est grandLa Tour de Garde 1961 | 1er septembre
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Bien que ses parents fussent bouddhistes, elle se sentait attirée par la bonne nouvelle et voulait en savoir davantage, écrivait-elle. Une étude fut vite établie, et, en très peu de temps, cette jeune adolescente assista aux réunions, participa régulièrement au service où elle apporta une aide précieuse pour rendre témoignage aux habitants de langue chinoise.
Dans un autre foyer, un ami du maître de maison fit une petite visite le jour de l’étude de livre et fut invité à y assister ; il accepta avec empressement. Par la suite, l’étude initiale fut interrompue, mais cet homme, affamé de vérité, persévéra et, avant d’avoir achevé l’étude de la brochure, se mit à assister à la réunion de La Tour de Garde et à faire des commentaires. Pour y venir, il n’hésitait pas à parcourir à bicyclette une vingtaine de kilomètres, sous un soleil brûlant ou une pluie battante.
Naturellement, notre activité ne resta pas ignorée des autres missions religieuses, surtout quand nombre de leurs étudiants se tournèrent vers nous pour obtenir des réponses à leurs questions sur la Bible. Alors commença une campagne d’intimidation. Certains interrompirent l’étude, mais d’autres tinrent bon. Une pression fut exercée sur les éléments politiques, et nos visas furent annulés. Nous interjetâmes appel, demandant que l’affaire fût reconsidérée, mais en vain, on fit la sourde oreille. Nous fûmes obligés de quitter l’île qui nous avait été attribuée comme territoire.
Quand notre bateau sortit du bassin, plusieurs de nos nouveaux amis étaient là pour nous exprimer leur tendre appréciation de l’aide que nous leur avions apportée. Nous avons adressé de longues et ferventes prières à Jéhovah et Jéhovah ne les a pas abandonnés. Le courrier que nous avons reçu nous a appris que les plus forts font beaucoup pour aider les autres. L’étude de La Tour de Garde est conduite régulièrement. Sans se soucier des efforts des faux bergers pour s’opposer à la volonté divine, le bras de Jéhovah est toujours aussi long, et ceux qui continuent à suivre le bon Berger obtiendront la vie dans le monde nouveau.
Quoique forcés de quitter Sarawak avec notre petite fille de trois mois, née peu de temps après notre arrivée, notre désir de servir là où le besoin est grand n’est pas moins vif. Des millions d’autres hommes vivent ici dans cette partie du monde ; nous avons pensé pouvoir y vivre aussi. Nous voulons être là où il y a le plus grand besoin d’aide. Bientôt une autre voie nous fut ouverte vers un tel lieu : Malacca.
Depuis notre arrivée dans ce territoire, le privilège du service de pionniers spéciaux nous fut offert ; nous en sommes très reconnaissants. C’est maintenant notre deuxième année dans un champ étranger, et en nous laissant absorber complètement par le ministère, nous avons été protégés du véritable danger que constitue le matérialisme et des autres maux du monde de Satan. Notre faible revenu et nos petites économies se sont révélées comparables au pain et au poisson dont Jésus nourrissait la foule ; nous avons largement de quoi vivre. Comme Jéhovah nous a richement bénis ! Comme nous sommes heureux d’avoir répondu à son appel pour servir là où le besoin est grand !
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L’homme-Dieu de la chrétientéLa Tour de Garde 1961 | 1er septembre
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L’homme-Dieu de la chrétienté
DANS la chrétienté, le pont entre Dieu et l’homme est appelé “ Incarnation ”. Le mot “ incarnation ” signifie que Dieu a revêtu la nature de l’homme en la personne de Jésus-Christ. Par là, il devint un homme-Dieu.
Bien que la notion d’un homme-Dieu ne soit pas étrangère au paganisme, cependant l’idée que le Logos deviendrait chair appartient à la chrétienté seule, affirment ces religionistes. Ils soutiennent que les religions païennes enseignent une apothéose ou glorification de l’homme, qu’elles n’enseignent pas une incarnation du vrai Dieu. Selon Charles Hardwick, historien de l’église anglaise, si nous épurons les incarnations païennes de tous les accessoires impudiques et bachiques qui les défigurent et les dégradent, elles sont encore nettement inférieures à la doctrine de l’incarnation telle que l’enseigne la chrétienté, en dépit de frappantes similitudes.
Mais le simple fait de nier le caractère païen de la doctrine ne démontre pas que l’enseignement de l’incarnation vient du christianisme. Dans son livre The Creative Christ, E. Drown associe l’idée de l’incarnation de la chrétienté avec la mythologie grecque païenne. Il dit : “ Cette solide notion (...) se fraya un chemin à partir des sources grecques dans la théologie chrétienne. Il en résulta que l’Incarnation fut trop souvent interprétée en termes physiques plutôt que moraux. ”
Puis il y a des objections d’un autre caractère. Un éminent professeur, le Dr Charles A. Briggs, qui fut aussi prêtre dans l’église protestante épiscopale, enseignait que la naissance de la vierge n’était qu’“ une question de peu d’importance en relation avec l’Incarnation (...) (de sorte qu’elle) ne peut être aussi essentielle que ne l’ont supposé tant de gens. ” Pour Adolf Harnack, théologien allemand et professeur de théologie, Jésus n’était pas Dieu dans la chair, mais seulement un autre rabbin juif. Otto Pfleiderer, théologien protestant allemand et professeur ordinaire de théologie, était étonné des “ innombrables parallèles existant entre les légendes des héros païens et celles des saints chrétiens ”, y compris celle de Jésus-Christ.
Il n’est pas surprenant qu’il y ait des avis contradictoires sur la doctrine de l’incarnation, puisqu’elle ne trouve aucun fondement dans la Bible, seule autorité digne de foi pour ce qui est de la vérité (Jean 17:17). Les anciens Juifs, dans leur longue histoire, n’ont jamais déclaré que l’un quelconque de leurs juges, rois, généraux, prêtres ou prophètes fût Dieu. Les Hébreux et les chrétiens juifs abhorraient absolument la souillure de la mythologie païenne. Ces faits rendent impossible l’idée fantaisiste selon laquelle les chrétiens juifs empruntèrent l’histoire de Jésus à la mythologie païenne. Ni la Bible ni les fidèles chrétiens du premier siècle ne soutinrent le concept païen que Jésus était un homme-Dieu. Par conséquent, lorsque des chrétiens renégats essayèrent de faire passer pour chrétienne l’idée païenne de l’homme-Dieu, ils ne furent pas écoutés. La doctrine elle-même fut établie définitivement environ trois siècles après l’époque de Jésus et fut définie seulement en 451 de notre ère, au concile de Chalcédoine. Le célèbre théologien américain, Henry P. Van Dusen, dont la religion presbytérienne enseigne que Jésus était homme-Dieu, dans son ouvrage World Christianity, page 75, appelle la définition de la nature du Christ donnée par le concile de Chalcédoine un “ non-sens concentré ”.
Durant les deux premiers siècles, une opposition considérable se manifesta contre la doctrine de l’incarnation. Les Ébionites, secte chrétienne juive, au premier siècle, soutenaient que la naissance de Jésus avait été naturelle, qu’il n’était pas Dieu incarné. Arius, ancien d’Alexandrie, qui vécut vers le début du quatrième siècle, enseignait que Jésus et Dieu n’étaient ni coéternels ni coégaux, que Jésus était le chef de toute création, mais non “ d’une seule substance avec
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