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La vogue du jeu — qu’en pensez-vous ?La Tour de Garde 1975 | 15 janvier
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légale du jeu. Ce dernier, disent-ils, est un amusement, et il est préférable que l’argent que perdent les gens par ce divertissement profite au gouvernement plutôt qu’aux malfaiteurs. Il semble que les grandes religions soient de cet avis, puisque William S. Van Meter, pasteur épiscopalien, a fait cette remarque : “Officiellement, les épiscopaliens, les juifs et les catholiques ne croient pas que le jeu soit immoral.”
Mais qu’en pensez-vous ? Est-il chrétien et conforme à la Bible d’encourager une activité qui a causé des problèmes à tant de personnes ? Évidemment, certains estiment que l’autorisation par la loi est justifiée. Si le jeu est légal, pensent-ils, les opérations irrégulières cesseront de prospérer.
En est-il ainsi ?
Le jeu illégal est-il moins florissant ?
Il n’y a pas longtemps, un rapport de la Fondation nationale des Sciences aux États-Unis contenait cette remarque : “Les loteries officielles ont eu des effets très limités sur le jeu illégal (...). Le jeu rendu légal n’offre pas aux amateurs du jeu illégal un attrait assez puissant pour les en détourner.”
Les joueurs bien renseignés savent que sur chaque dollar parié la somme remboursée par les loteries officielles est insignifiante comparée à celle que restituent les paris clandestins. Même l’OTB de New York a pris très peu de clients aux bookmakers irréguliers. Les grands parieurs sont restés fidèles à ces derniers à cause des avantages qu’ils offrent. Par exemple, les gains sont exempts d’impôts ; les bookmakers font crédit, et il y a plusieurs sortes de paris, tels les reports, les paris sur des numéros, etc., que les jeux reconnus par la loi n’offrent pas.
En outre, et probablement à la surprise de beaucoup, la plupart des paris illégaux se font sur les matchs de football, de basket-ball et d’autres sports. Or, les paris sur les compétitions sportives ne sont généralement pas autorisés. C’est pourquoi, en autorisant les loteries ou les paris mutuels, la loi a encouragé la pratique des jeux illégaux. Telle fut la conclusion d’une enquête effectuée par les services de police de la ville de New York.
D’après cette enquête, la pratique du jeu illégal a augmenté de 62 pour cent en 1972. Le commissaire Paul F. Delise donne cette explication : “Un climat favorable au jeu a été créé. Étant donné que la loi autorise les paris sur les chevaux, des milliers de personnes qui n’auraient jamais songé à parier sur le football, le basket-ball ou le base-ball, parient maintenant par l’intermédiaire des bookmakers.”
Une prospérité soudaine et réelle
Aujourd’hui, à New York, quelque 200 000 personnes parient chaque jour dans plus de 120 nouveaux bureaux de l’OTB. Environ 23 pour cent des citadins adultes s’y rendent pour parier. En 1973, le montant des enjeux s’élevait à quelque 3 milliards et demi de francs français, et on estime que cette année ils seront de 4 milliards de francs. Toutefois, près du double de cette somme est engagée dans les paris illégaux ! Certains rédacteurs sportifs estiment que plus de la moitié des fans du football parient sur les matchs.
Ruth Spirito, du conseil municipal du nord-est de Bronx (New York), s’est lamentée en ces termes : “Les paris sont devenus si courants qu’ils sont de règle plutôt qu’exceptionnels.” Il en est de même dans les autres pays où le jeu a été rendu légal. Le Daily Mail de Londres fait cette constatation : “Le jeu connaît une telle extension qu’il constitue une menace pour la société.”
Le jeu est-il vraiment une menace ? Quelles sont ses conséquences ?
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“Une escroquerie”La Tour de Garde 1975 | 15 janvier
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“Une escroquerie”
À un moment donné, les joueurs perdent inévitablement. Irving Kristol, professeur à l’université de New York, explique : “Le jeu (...) est techniquement parlant une escroquerie ; les remboursements ne peuvent pas être équitables et la grande majorité de ceux qui investissent de l’argent sont finalement obligés de perdre si l’entreprise de jeu veut survivre et prospérer.”
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