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AmonAuxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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En plus de nombreux présents, une grande partie du butin pris à l’ennemi venait grossir le trésor d’Amon (Amon-Râ), le “roi des dieux”. Les prêtres au service de ce dieu devinrent donc très puissants et très riches. Puisqu’ils tiraient profit des guerres égyptiennes, l’archéologue Wallis Budge laisse entendre que c’étaient les prêtres d’Amon-Râ qui “étaient en réalité les artisans de la guerre et de la paix”.
Avec le temps, les grands prêtres d’Amon, dont la fonction était devenue héréditaire, en vinrent à exercer un pouvoir encore plus grand que celui des pharaons. L’un d’eux, Hrihor, succéda au dernier des Ramsès sur le trône. Pour ce qui est de l’influence de l’oracle d’Amon sur les affaires gouvernementales durant le règne de Hrihor, voici ce qu’écrit James Breasted (dans History of the Ancient Egyptians, pp. 357, 358): “Tout ce que le Grand Prêtre souhaitait exécuter légalement pouvait être sanctionné à tout moment par un oracle spécial du dieu [Amon]. Grâce à quelque arrangement préalable, l’idole devant laquelle le Grand Prêtre faisait connaître ses désirs donnait invariablement son accord par un mouvement vigoureux de la tête ou même par ces paroles. (...) Ces tours de passe-passe sacerdotaux, qui rendaient sentence si besoin était avec un mépris total de la loi et de la justice, permettaient ainsi au Grand Prêtre de revêtir de l’autorisation divine tout ce qu’il désirait exécuter.”
Toutefois, bien des malheurs s’abattirent sur Thèbes et sur son dieu Amon. Les Écritures en mentionnent deux. Au septième siècle avant notre ère, les conquérants assyriens conduits par Assurbanipal rasèrent complètement Thèbes et la dépouillèrent de toutes ses richesses. Le prophète Nahum fait allusion à cet événement qu’il utilise pour illustrer la destruction prochaine de Ninive (Nahum 3:8). Thèbes se remit quelque peu du coup que lui avait infligé l’Assyrie, mais sa prospérité relative devait être de courte durée. Jérémie fit connaître le jugement que Jéhovah avait prononcé contre l’Égypte et contre ses dieux, y compris Thèbes et Amon, son dieu. La nation allait être livrée à Nébucadnezzar pour la plus grande honte de l’Égypte et de ses dieux, particulièrement d’Amon de No (Thèbes). — Jér. 46:25, 26; voir NO, NO-AMON.
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AMORITE
(peut-être “montagnard”).
“L’Amorite” figure dans la liste de Canaan, mais ce terme, qui est toujours au singulier dans le texte hébreu, est utilisé partout ailleurs dans un sens collectif pour désigner la tribu issue du premier Amorite. Les Amorites étaient donc des descendants de Cham. — Gen. 10:6, 15, 16; I Chron. 1:13, 14.
Aux jours d’Abraham, une coalition de rois de Mésopotamie firent une incursion dans le sud de Canaan et battirent quelques-uns des Amorites qui habitaient à Hazazon-Tamar, ville située, croit-on, au sud-ouest de la mer Morte. Trois Amorites, qui résidaient à Hébron ou à proximité, étaient alors des “confédérés d’Abraham”. Aussi l’accompagnèrent-ils dans sa poursuite des rois envahisseurs. Ils l’aidèrent à les vaincre et, de ce fait, à délivrer son neveu Lot (Gen. chap. 14). Pourtant, quelque temps plus tard, Dieu prévint Abraham que, lorsque la faute des Amorites serait finalement “complète”, ses descendants quitteraient un pays étranger et reviendraient en Canaan où ils prendraient possession du pays des Amorites. — Gen. 15:13-21.
Peu avant sa mort en Égypte, le patriarche Jacob fit cette promesse à Joseph: “Quant à moi, je te donne de plus qu’à tes frères une épaule de pays que j’ai prise de la main des Amorites par mon épée et par mon arc.” (Gen. 48:22). Comme, dans le texte hébreu, le mot traduit ici par “épaule” est le même que pour Sichem, certains ont prétendu que Jacob faisait allusion à la portion de champ qu’il avait achetée près de cette ville (Gen. 33:18, 19). Mais il s’agissait là d’une transaction toute pacifique, et il n’est dit nulle part dans le récit que Jacob dut livrer bataille à cause de ce terrain. Il est vrai que, plus tard, ses fils attaquèrent sauvagement les gens de Sichem, mais Jacob dégagea sa responsabilité dans cette affaire (Gen. 34:30) et, sur son lit de mort, il maudit la colère de Siméon et de Lévi qui avaient été les instigateurs de cette attaque (Gen. 49:5-7). Il semble donc plus raisonnable de voir dans cette promesse de Jacob une déclaration prophétique par laquelle il envisageait, par la foi, la conquête future de Canaan comme si elle avait déjà eu lieu, Jacob ‘prenant le pays des Amorites’ par personne interposée au moyen de l’épée et de l’arc de ses descendants.
Selon toute apparence, le terme “Amorite” est parfois utilisé pour désigner l’ensemble des peuples de Canaan, ce qui expliquerait pourquoi dans un texte il est question des habitants de Canaan, alors que dans un autre, qui traite du même événement, il est parlé des Amorites. — Voir Nombres 14:44, 45; Deutéronome 1:44.
Les douze espions que Moïse envoya en Canaan trouvèrent la région montagneuse habitée par les Amorites, les Hittites et les Jébusites, alors que les Amalécites résidaient dans le Négueb, et les Cananéens près de la mer et sur le bord du Jourdain (Nomb. 13:1, 2, 29). Comme autrefois, aux jours d’Abraham, les Amorites habitaient toujours à Hébron et dans d’autres villes de la région montagneuse à l’ouest du Jourdain (Josué 10:5). Toutefois, au moment de l’exode des Israélites, les Amorites avaient envahi le territoire des Moabites et des Ammonites, à l’est du Jourdain, et pris possession de la région limitée au sud par le ouadi de l’Arnon (qui devint la frontière de Moab) et, au nord, par le ouadi de Jabboc (la frontière d’Ammon) (Nomb. 21:13, 24, 26; Josué 12:2; Juges 11:22). Cette région constituait le territoire de Sihon, roi amorite, territoire que l’historien juif Josèphe décrit comme un “pays (...) enfermé comme une île entre trois fleuves [le Jourdain, l’Arnon et le Jabboc]”. (Histoire ancienne des Juifs, liv. IV, chap. V, par. 2.) Au nord du territoire de Sihon, il y avait un autre royaume amorite, celui du roi Og, dont la partie centrale était constituée par le pays de Basan. Ce royaume qui avait, semble-t-il, au sud des frontières communes avec le territoire de Sihon et celui des Ammonites, s’étendait donc du Jabboc jusqu’au mont Hermon, au nord. — Deut. 3:1, 8.
LA CONQUÊTE DU PAYS PAR ISRAËL
Alors qu’ils approchaient de la Terre promise, les Israélites, à qui Dieu avait ordonné de ne pas pénétrer dans les territoires de Moab et d’Ammon (Deut. 2:9, 37), demandèrent au roi Sihon, qui se trouvait à Hesbon, sa capitale, de leur permettre de traverser son territoire. Ils lui donnèrent cette ferme assurance: “Laisse-moi traverser ton pays. Nous ne nous écarterons ni dans un champ ni dans une vigne. Nous ne boirons l’eau d’aucun puits. Nous marcherons sur la route du roi jusqu’à ce que nous ayons traversé ton territoire.” Sihon refusa et, ayant rassemblé ses armées, il attaqua Israël. Les Amorites furent partiellement anéantis à Jahaz, à quelques kilomètres au sud d’Hesbon, et leur territoire passa aux mains des Israélites (Nomb. 21:21-32; Deut. 2:24-36). Israël envahit ensuite le territoire voisin du roi amorite Og, qu’il vainquit, et il s’empara de soixante villes fortifiées (Nomb. 21:33-35; Deut. 3:1-7). La chute de ces puissants royaumes amorites devant Israël provoqua un grand effroi en Moab (Nomb. 22:2-4) ainsi que chez les Cananéens, comme le révélèrent les paroles que Rahab adressa aux espions Israélites (Deut. 2:24, 25; Josué 2:9-11). Le territoire des deux rois amorites vaincus constitua l’héritage des tribus de Ruben et de Gad et de la moitié de la Tribu de Manassé. — Nomb. 32:31-33, 39; Deut. 3:8-13.
Quant aux Amorites qui résidaient à l’ouest du Jourdain, “leur coeur commença (...) à fondre” quand ils apprirent que les Israélites avaient traversé miraculeusement le fleuve. Ce miracle et les victoires écrasantes déjà remportées par les Israélites peuvent expliquer, du moins en partie, pourquoi les Amorites n’attaquèrent pas le camp des Israélites quand, après ces événements, les enfants mâles et les hommes se firent circoncire ou lorsque tout le peuple célébra la Pâque (Josué 5:1, 2, 8, 10). Cependant, après la destruction de Jéricho et d’Aï, les tribus de Canaan conclurent une grande alliance pour opposer un front uni à Israël (Josué 9:1, 2). Après qu’ils eurent choisi de faire la paix en Israël, les Hivites de Gabaon ne tardèrent pas à être attaqués par “cinq rois des Amorites”, et ils n’échappèrent à la destruction que grâce à l’armée de Josué qui vint à leur secours après avoir marché toute la nuit et à l’intervention miraculeuse de Jéhovah. — Josué 10:1-27.
Après cette bataille et la campagne victorieuse de Josué dans le pays de Canaan, la puissance des Amorites résidant dans le sud de la Palestine fut manifestement réduite à néant. Cependant, les Amorites des régions du nord s’unirent par une alliance à d’autres tribus, ce qui obligea les Israélites à leur livrer bataille aux “eaux de Mérom”, au nord de la mer de Galilée. Ayant été complètement écrasés, les Amorites ne constituèrent jamais plus un grave danger pour Israël (Josué 11:1-9). Un reste d’entre eux subsistèrent, mais leur territoire fut considérablement réduit et ils finirent par être astreints au travail forcé sous la domination des Israélites (Josué 13:4; Juges 1:34-36). Ceux-ci prirent pour femmes des Amorites qui les entraînèrent dans l’apostasie (Juges 3:5, 6), et les Amorites en général continuèrent pendant un temps à être pour eux une cause d’ennuis, car il est écrit qu’aux jours de Samuel, après que les Philistins eurent subi une défaire décisive, “il y eut paix entre Israël et les Amorites”. (I Sam. 7:14.) Les Amorites figurèrent de nouveau parmi ceux que Salomon astreignit au travail forcé (I Rois 9:20, 21). Leur idolâtrie et leur méchanceté, qui étaient manifestement l’illustration de celles de tous les Cananéens, étaient proverbiales (I Rois 21:26; II Rois 21:11). Après le retour de l’exil de Babylone, les mariages que des Israélites contractèrent avec des femmes amorites étaient encore un problème épineux (Esdras 9:1, 2). Mais finalement le peuple amorite, qui avait été la plus importante de toutes les tribus cananéennes, disparut complètement, tout comme un arbre grand et massif qu’on a dépouillé de son fruit et dont on a détruit les racines. — Amos 2:9, 10.
Des historiens ont tenté d’identifier les Amorites de la Bible aux habitants d’Amourrou, pays dont parlent d’anciens textes cunéiformes akkadiens, mais cette identification est sérieusement mise en question.
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AmosAuxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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AMOS
(charge; porter une charge).
Prophète de Jéhovah et rédacteur du livre qui porte son nom. II vécut au neuvième siècle avant notre ère (voir AMOS, LIVRE D’). Son père, cependant, n’était pas un prophète, et lui-même n’était pas au nombre des “fils des prophètes”. (I Rois 20:35; II Rois 2:3; 4:1; Amos 7:14.) Il était originaire de la ville de Técoa, située à quelque 16 kilomètres au sud de Jérusalem, à environ 800 mètres d’altitude. À l’est, le triste désert de Juda s’abaisse progressivement jusqu’à la mer Morte, 1 200 mètres plus bas. C’est dans ce désert que le jeune Amos travailla comme humble éleveur de moutons (Amos 1:1). Le mot hébreu nôqdhîm, traduit ici par “éleveurs de moutons”, ne figure qu’une autre fois dans la Bible (II Rois 3:4) et se rapporte à une certaine race de moutons appelés naqad par les Arabes, race dépourvue de beauté mais très appréciée pour sa toison. Dans cette région désertique, Amos effectuait aussi un modeste travail saisonnier, celui de pinceur de figues de sycomores, une variété de fruits considérée tout juste bonne pour les pauvres. On avait l’habitude de pincer ou de piquer les figues pour les faire mûrir plus vite et pour augmenter la taille et la douceur du fruit. — Amos 7:14.
Tout comme il appela le berger David pour accomplir un service public, de même Jéhovah “prit alors [Amos] de derrière le petit bétail” pour faire de lui un prophète. — Amos 7:15.
Du désert du sud, où il vivait solitaire, Amos fut envoyé au nord, dans le royaume idolâtre des dix tribus dont la capitale était Samarie.
Amos commença sa carrière de prophète deux ans avant le grand tremblement de terre qui se produisit pendant le règne d’Ozias, roi de Juda. À la même époque, Jéroboam II, fils de Joas, était roi d’Israël (Amos 1:1). Amos prophétisa donc entre les années 829 et 803, période de vingt-six ans durant laquelle les règnes de ces rois de Juda et d’Israël se chevauchaient. Le grand tremblement de terre qui se produisit deux ans après qu’Amos eut été désigné comme prophète fut si violent que près de trois cents ans plus tard, Zacharie y fit encore directement allusion. — Zach. 14:5.
On ne sait pas exactement combien de temps Amos servit comme prophète dans le royaume du nord. Amasiah, le méchant prêtre de la religion d’État, le culte du veau, qui avait pour centre Béthel, essaya de le faire chasser du pays en prétendant qu’il menaçait la sécurité de l’État (Amos 7:10-13). On ne sait pas si Amasiah réussit, mais toujours est-il que lorsqu’il eut achevé sa mission en Israël, le prophète Amos retourna probablement dans son pays natal, dans le territoire de la tribu de Juda. D’après Jérôme et Eusèbe, le tombeau du prophète se trouvait à Técoa à leur époque. Il semble également qu’après son retour en Juda, Amos consigna la prophétie qu’il avait d’abord prononcée oralement. Bien qu’on parle souvent de lui comme de l’un des douze “petits” prophètes (son livre est le troisième de la liste de ces douze prophètes), son message n’est certainement pas petit en importance.
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Amos, IIAuxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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AMOS, II
{Article non traduit.}
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Amos (Livre d’)Auxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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AMOS (LIVRE D’)
La prophétie de ce livre hébraïque de la Bible s’adresse essentiellement au royaume septentrional d’Israël. Il semble qu’elle fut d’abord prononcée oralement du temps de Jéroboam II, roi d’Israël, et d’Ozias, roi de Juda, qui régnèrent simultanément entre 829 et 803 avant notre ère (Amos 1:1). Le prophète la mit par écrit vers 803, probablement après son retour en Juda.
La canonicité de ce livre, c’est-à-dire sa place légitime dans le canon de la Bible, n’a jamais été mise en doute. Il a été accepté par les Juifs dès les temps anciens et il figure dans les premiers catalogues chrétiens. Justin le Martyr, qui vécut au deuxième siècle de notre ère, cite Amos dans son Dialogue avec Tryphon. Le livre par lui-même est en complète harmonie avec le reste de la Bible, comme le montrent ses nombreuses références à l’histoire biblique et la Loi de Moïse (Amos 1:11; 2:8-10; 4:11; 5:22, 25; 8:5). Les chrétiens du premier siècle acceptaient le livre d’Amos comme faisant partie des Écritures divinement inspirées. Ce fut le cas, entre autres, du martyr Étienne (Actes 7:42, 43; Amos 5:25-27) et de Jacques, demi-frère de Jésus (Actes 15:13-19; Amos 9:11, 12), qui attirèrent l’attention sur la réalisation de certaines prophéties de ce livre.
D’autres événements historiques attestent l’authenticité cité de la prophétie. Ainsi, l’Histoire confirme que toutes les nations qu’Amos condamna subirent en leur temps le feu de la destruction. En outre, conformément à la parole de Jéhovah transmise par Amos, des descendants d’Israël et de Juda, captifs à Babylone, retournèrent dans leur pays en 537, afin de le reconstruire. — Amos 9:14; Esdras 3:1.
L’archéologie biblique confirme elle aussi qu’Amos rapporte fidèlement des faits historiques relatifs à son époque quand, décrivant le luxe ostentatoire des riches, il parle de leurs “maisons d’ivoire” et de leurs “lits de repos en ivoire”. (Amos 3:15; 6:4, NW.) Une autorité en la matière a fait le commentaire suivant sur certaines découvertes archéologiques: “Il est digne de remarque que de nombreux ivoires durent découverts au cours des fouilles entreprises à Samarie. Ce
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