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ApostasieAuxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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vraie cause, qui cesse d’adorer et de servir Dieu et qui, par conséquent, renie ce qu’il professait auparavant et abandonne totalement ses principes ou sa foi. Les chefs religieux de Jérusalem accusèrent Paul d’une telle apostasie envers la Loi de Moïse. — Actes 21:21.
On peut dire que l’adversaire de Dieu a été le premier apostat, ce qu’indique d’ailleurs son nom, “Satan”. Il entraîna le premier couple humain à apostasier (Gen. chap. 3; Jean 8:44). Après le déluge, les hommes se détournèrent de la parole du Dieu de Noé (Gen. 11:1-9). Plus tard, Job fut obligé de se défendre contre l’accusation d’apostasie que ses trois prétendus consolateurs portèrent contre lui (Job 8:13; 15:34; 20:5). Dans sa défense, il montra que Dieu n’accorde aucune audience à l’apostat (13:16) et qu’il n’y a pas d’espoir pour celui qui est retranché alors qu’il est apostat (27:8; voir aussi les déclarations d’Élihu en Job 34:27, 30; 36:13). Dans ces versets, c’est le mot hébreu ḫânêph qui est employé, mot qui signifie “éloigné de Dieu”, “enclin à se détourner de ses bonnes relations avec Dieu” ou, dans sa forme verbale, “corrompre, mener à l’apostasie”. — Koehler-Baumgartner, Lexicon in Veteris Testamenti Libros, p. 317.
APOSTASIE EN ISRAËL
Les deux premiers commandements de la Loi condamnaient toute forme d’apostasie (Ex. 20:3-6). Avant que les Israélites entrent en Terre promise, Dieu les avertit qu’ils risquaient de tomber dans l’apostasie s’ils se mariaient avec les habitants du pays (Deut. 7:3, 4). Quiconque incitait les autres à apostasier devait être mis à mort pour avoir “parlé de révolte contre Jéhovah, votre Dieu”, même s’il s’agissait d’un proche parent ou d’un conjoint (Deut. 13:1-15). Les tribus de Ruben, de Gad et de Manassé, qui avaient construit un autel, s’empressèrent de se disculper de l’accusation d’apostasie portée contre elles. — Josué 22:21-29.
De nombreux rois d’Israël et de Juda suivirent la voie de l’apostasie. Citons Saül (I Sam. 15:11; 28:6, 7), Jéroboam (I Rois 12:28-32), Achab (I Rois 16:30-33), Achaziah (I Rois 22:51-53), Joram (II Chron. 21:6-15), Achaz (II Chron. 28:1-4) et Amon (II Chron. 33:22, 23). Avec le temps, toute la nation devint apostate parce que les Israélites écoutèrent les prêtres et les prophètes apostats (Jér. 23:11, 15) ainsi que d’autres hommes sans principes qui, par des paroles doucereuses et des paroles mensongères, les entraînèrent dans l’inconduite et l’immoralité, et les firent abandonner Jéhovah, “la source d’eau vive”. (És. 10:6; 32:6, 7; Jér. 3:1; 17:3.) Selon Ésaïe 24:5, le pays devint “contaminé [ḫânphah] sous ses habitants, car ils ont contourné les lois, changé la prescription, rompu l’alliance d’une durée indéfinie”. Dieu n’allait avoir aucune pitié pour eux lors de la destruction prédite. — És. 9:17; 33:11-14; Soph. 1:4-6.
APOSTASIE DANS LA CONGRÉGATION CHRÉTIENNE
En II Thessaloniciens 2:3, l’apôtre Paul annonça que l’apostasie viendrait parmi ceux qui feraient profession d’être chrétiens. Il nomma plusieurs apostats, tels que Hyménée, Alexandre et Philète (I Tim. 1:19, 20; II Tim. 2:16-19). Dans leurs avertissements, les apôtres citent quelques-unes des causes de l’apostasie: l’absence de foi (Héb. 3:12), le manque d’endurance dans les persécutions (Héb. 10:32-39), l’abandon des justes principes moraux (II Pierre 2:15-22), l’attention accordée aux “paroles artificieuses” de faux enseignants et aux “déclarations inspirées trompeuses” (II Pierre 2:1-3; I Tim. 4:1-3; II Tim. 2:16-19; comparez avec Proverbes 11:9), et le désir ‘d’être déclaré juste grâce à la loi’. (Gal. 5:2-4.) Ceux qui abandonnent ainsi volontairement la congrégation chrétienne font désormais partie de “l’antichrist”. (I Jean 2:18, 19.) Comme les apostats Israélites, ils s’exposent à la destruction. — II Pierre 2:1; Héb. 6:4-8.
Durant les persécutions que l’Empire romain fit subir à la jeune congrégation chrétienne, ceux qui s’en disaient membres étaient parfois invités à renier leur appartenance au christianisme. Celui qui acceptait devait prouver qu’il apostasiait en faisant une offrande d’encens à un dieu païen ou en blasphémant publiquement le nom du Christ.
Il est évident qu’il y a une différence entre “trébucher” par faiblesse et “déserter”, ce qui constitue une apostasie. Cette dernière sous-entend l’abandon volontaire et définitif du chemin de la droiture (I Jean 3:4-8; 5:16, 17). Que la cause apparente soit d’ordre intellectuel, moral ou spirituel, l’apostasie constitue une rébellion contre Dieu et un rejet de sa Parole de vérité. — II Thess. 2:3, 4; voir HOMME QUI MÉPRISE LA LOI.
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APÔTRE
(gr. apostolos; personne envoyée pour en représenter une autre; un envoyé).
Ce mot est dérivé du verbe apostelleïn qui, en grec commun, signifie simplement “envoyer”. On trouve un bon exemple de son emploi au sens littéral dans la déclaration suivante de Jésus: “Un esclave n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé [apostolos] plus grand que celui qui l’envoie.” (Jean 13:16). Dans ce sens, le terme s’applique également à Christ Jésus, “l’apôtre et le grand prêtre que nous confessons”. (Héb. 3:1; comparez avec Matthieu 10:40; 15:24; Luc 4:18, 43; 9:48; 10:16; Jean 3:17; 5:36, 38; 6:29, 57; 7:29; 8:42; 10:36; 11:42; 17:3, 8, 18, 21-25; 20:21.) En effet, Jésus fut envoyé par Dieu pour être son représentant attitré et mandaté.
Toutefois, ce mot désigne plus particulièrement les disciples que Jésus choisit personnellement pour constituer un corps de douze représentants. Les noms des douze hommes choisis au départ figurent en Matthieu 10:2-4; Marc 3:16-19 et Luc 6:13-16. L’un d’entre eux, Judas Iscariote, se révéla être un traître, conformément à la prophétie donnée dans le passé (Ps. 41:9; 109:8). On retrouve les noms des onze apôtres fidèles en Actes 1:13.
Plusieurs apôtres avaient été disciples de Jean le Baptiste avant de suivre Jésus (Jean 1:35-42). Onze d’entre eux étaient manifestement Galiléens (Actes 2:7), seul Judas Iscariote était considéré comme Judéen. Ils appartenaient à la classe laborieuse: quatre d’entre eux étaient pêcheurs de métier et un autre avait été collecteur d’impôts (Mat. 4:18-21; 9:9-13). Il semble que deux apôtres au moins étaient cousins de Jésus (Jacques et Jean, fils de Zébédée). Les chefs religieux les considéraient comme des hommes “non lettrés et des gens ordinaires”, ce qui montre qu’ils n’avaient reçu qu’une instruction élémentaire et qu’ils n’avaient pas fréquenté les écoles supérieures. Certains d’entre eux, dont Pierre (Céphas), étaient mariés. — Actes 4:13; I Cor. 9:5.
Pierre, Jacques et Jean semblent avoir joui de relations particulièrement étroites avec Jésus. Eux seuls furent témoins de la résurrection de la fille de Jaïrus (Marc 5:35-43) et la transfiguration de Jésus (Mat. 17:1, 2), et ils l’accompagnèrent plus loin que les autres apôtres dans le jardin de Gethsémané, la nuit de son arrestation (Marc 14:32, 33). Jésus et Jean devaient avoir des affinités, car on identifie généralement Jean au “disciple que Jésus aimait”. — Jean 21:20-24; 13:23.
LE CHOIX DES APÔTRES ET LE DÉBUT DE LEUR MINISTÈRE
Jésus choisit les douze parmi ses disciples et leur donna le nom d’“apôtres”, “pour qu’ils restent avec lui et pour qu’il les envoie [apostellei] prêcher, et pour avoir le pouvoir d’expulser les démons”. (Marc 3:13-15.) À partir de ce moment-là, ils ‘restèrent avec lui’ et s’associèrent très étroitement à lui jusqu’à la fin de son ministère terrestre. Chacun reçut ainsi une instruction et une formation intensives en vue du service (Mat. 10:1-42; Luc 8:1). Étant donné qu’ils étaient toujours des élèves de Jésus, on continua à parler d’eux comme de “disciples”, surtout jusqu’à la Pentecôte (Mat. 11:1; 14:26; 20:17; Jean 20:2). Ensuite, ils sont invariablement appelés “apôtres”. Quand il les choisit, Jésus leur donna le pouvoir miraculeux de guérir les malades et d’expulser les démons, pouvoir dont ils firent un certain usage durant le ministère de Jésus (Marc 3:14, 15; 6:13; Mat. 10:1-8; Luc 9:6; comparez avec Matthieu 17:16). Toutefois, il ressort des Écritures que cette activité était secondaire, leur mission principale étant la prédication du Royaume. Les apôtres constituaient un cercle d’intimes parmi les disciples, mais l’enseignement et la formation qu’ils reçurent ne comprenaient ni cérémonies ni rites mystérieux.
LEURS FAIBLESSES HUMAINES
Bien que grandement privilégiés en tant qu’apôtres du Fils de Dieu, ils avaient naturellement des défauts et des faiblesses. Ainsi, Pierre avait tendance à être impulsif et impétueux (Mat. 16:22, 23; Jean 21:7, 8), Thomas était lent à se laisser convaincre (Jean 20:24, 25) et Jacques et Jean manifestaient une impatience juvénile (Luc 9:49, 54). Ils se disputaient au sujet de leur position future dans le royaume terrestre que, croyaient-ils, Jésus allait établir (Mat. 20:20-28; Marc 10:35-45; comparez avec Actes 1:6; Luc 24:21). Ils reconnaissaient qu’ils avaient besoin d’une foi plus grande (Luc 17:5; comparez avec Matthieu 17:20). Bien qu’ils aient fréquenté étroitement Jésus pendant plusieurs années et qu’ils l’aient reconnu comme le Messie, ils l’abandonnèrent tous au moment de son arrestation (Mat. 26:56), et ce furent d’autres disciples qui s’occupèrent de l’enterrement de Jésus. Au début, les apôtres ne furent pas prompts à accepter le témoignage des femmes qui furent les premières à voir Jésus après sa résurrection (Luc 24:10, 11) et ils avaient tellement peur qu’ils se réunissaient toutes portes verrouillées (Jean 20:19, 26). Cependant, une fois ressuscité, Jésus leur donna des éclaircissements supplémentaires et, après son ascension le quarantième jour qui suivit sa résurrection, ils manifestèrent une grande joie et “ils étaient continuellement dans le temple à bénir Dieu”. — Luc 24:44-53.
LEUR ACTIVITÉ DANS LA CONGRÉGATION CHRÉTIENNE
L’effusion de l’esprit saint le jour de la Pentecôte affermit beaucoup les apôtres. Les cinq premiers chapitres des Actes des Apôtres 1-5 témoignent de leur grand courage et de la hardiesse avec laquelle ils annoncèrent la bonne nouvelle et la résurrection de Jésus en dépit de l’emprisonnement, des coups et des menaces de mort dont ils furent l’objet de la part des dirigeants. Dans les jours qui suivirent la Pentecôte, sous la direction dynamique des apôtres animés par la force de l’esprit saint, la congrégation chrétienne connut une expansion extraordinaire (Actes 2:41; 4:4). Leur activité centrée tout d’abord sur Jérusalem, s’étendit ensuite à la Samarie et, plus tard, à tout le monde connu d’alors. — Actes 5:42; 6:7; 8:5-17, 25; 1:8.
En tant qu’apôtres, leur principale fonction consistait à attester que Jésus avait accompli le dessein et les prophéties de sa résurrection et de son élévation. Ils devaient aussi faire des disciples parmi les gens de toutes les nations, mission sur laquelle Jésus avait insisté juste avant son ascension au ciel (Mat. 28:19, 20; Actes 1:8, 22; 2:32-36; 3:15-26). Leur témoignage sur la résurrection de Jésus était celui de témoins oculaires. — Actes 13:30-34.
Pouvoirs miraculeux
En outre, pour donner plus de force à leur témoignage, les apôtres continuèrent à utiliser les pouvoirs miraculeux que Jésus leur avait donnés auparavant et auxquels s’ajoutèrent d’autres dons de l’esprit qui leur furent accordés à partir de la Pentecôte (Actes 5:12; 9:36-40). D’autres chrétiens reçurent, eux, aussi, de tels dons miraculeux de l’esprit, mais les récits montrent qu’ils ne leur étaient donnés que lorsqu’un des apôtres au moins était présent ou que l’un d’eux avait posé les mains sur ces chrétiens (Actes 2:1, 4, 14; 8:14-18; 10:44; 19:6). Par conséquent, seuls les apôtres avaient le pouvoir de transmettre ces dons miraculeux. Ceux-ci allaient donc disparaître à la mort des apôtres et de ceux qui les avaient reçus par leur intermédiaire (I Cor. 13:2, 8-11). Effectivement, nous lisons que ces pouvoirs étaient “absents dans l’Église du IIe siècle, les écrivains de cette époque en parlant comme d’une chose du passé, qui remontait, en fait, aux temps apostoliques”. — The New Bible Dictionary de Douglas, p. 49; voir DONS DE DIEU, Dons de l’esprit.
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