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ArchéologieAuxiliaire pour une meilleure intelligence de la Bible
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mais à deux reprises et qu’un décret du même genre fut promulgué en 104 de notre ère par le gouverneur romain d’Égypte, décret qui ordonnait aux habitants d’aller se faire recenser dans la ville de leurs ancêtres.
La Bible (Marc 12:15-17) dit que Jésus utilisa un denier à l’effigie de César (Tibère César). Cela a été confirmé par la découverte d’un denier d’argent sur lequel était gravé la tête de Tibère et qui fut mis en circulation vers l’an 15 de notre ère (comparez avec Luc 3:1, 2). La découverte à Césarée d’une dalle de pierre portant les noms latins Pontius Pilatus et Tiberius confirme que Ponce Pilate était gouverneur de Judée à cette époque-là.
Le livre des Actes des Apôtres, qui offre des preuves évidentes que Luc en est le rédacteur, contient de nombreuses références à des villes et aux provinces auxquelles elles appartenaient, ainsi qu’à des fonctionnaires de toutes sortes qui portaient des titres divers et qui assumaient leur fonction à des époques bien précises. En donnant de tels renseignements, le rédacteur de ce livre risquait de se tromper (voir aussi Luc 3:1, 2). Eh bien, les découvertes archéologiques ont démontré de façon remarquable l’exactitude du livre écrit par Luc. Ainsi, en Actes 14:1-6, celui-ci situe Lystres et Derbé en Lycaonie et laisse entendre qu’Iconium se trouvait dans un autre territoire, alors que des auteurs romains, dont Cicéron, placent Iconium en Lycaonie. Or, un monument découvert en 1910 indique qu’Iconium était bel et bien considérée comme une ville de Phrygie et non pas de Lycaonie.
De même, à Soli, sur la côte septentrionale de l’île de Chypre, on a trouvé une inscription qui porte “Paulus proconsul”. (Actes 13:7.) Une autre inscription mise au jour à Delphes confirme que Gallion était bien proconsul d’Achaïe en 52 (Actes 18:12). Quelque dix-neuf inscriptions, qui remontent à la période allant du deuxième siècle avant notre ère au troisième siècle de notre ère, prouvent que Luc a raison d’utiliser l’expression “chefs de la ville” (singulier politarkhês) à propos des magistrats de Thessalonique (Actes 17:6, 8). Cinq de ces inscriptions se rapportent d’ailleurs précisément à cette ville. Pareillement, l’allusion à Publius en tant que “principal personnage (protos) de Malte (Actes 28:7) est tout à fait exacte. C’était là son titre, comme le confirment deux inscriptions trouvées à Malte, l’une en latin et l’autre en grec. À Éphèse, on a trouvé des textes de magie et dégagé le temple d’Artémis (Actes 19:19, 27). Des fouilles entreprises sur ce site ont également mis au jour un théâtre qui pouvait accueillir vingt-cinq mille personnes et des inscriptions qui parlent de “commissaires des fêtes et des jeux”, comme ceux qui intervinrent auprès de Paul pour son bien, ainsi que du “premier magistrat”, comme celui qui apaisa la foule en cette circonstance. — Actes 19:29-31, 35, 41.
Certaines de ces découvertes incitèrent Charles Gore à écrire ce qui suit (dans le New Commentary on Holy Scripture) à propos de l’exactitude du récit de Luc: “Il faut évidemment dire que l’archéologie moderne a pratiquement forcé les critiques de saint Luc à reconnaître l’exactitude remarquable de toutes ses références aux faits et aux événements profanes.”
VALEUR RELATIVE DE L’ARCHÉOLOGIE
L’archéologie a fourni des renseignements très utiles qui ont aidé à l’identification (souvent incertaine) des sites bibliques. Elle a permis la découverte de documents écrits qui ont contribué à une meilleure intelligence des langues originales dans lesquelles les Écritures ont été rédigées et elle a jeté une lumière accrue sur la vie et les activités des peuples et des monarques dont il est question dans la Bible. Toutefois, pour ce qui est de l’authenticité et de l’exactitude de la Bible, de la foi en ce livre, de son enseignement et de ce qu’il nous révèle sur les desseins et les promesses de Dieu, il faut dire que l’archéologie n’est pas un complément indispensable à la Parole de Dieu ni une confirmation nécessaire de celle-ci. L’apôtre Paul écrit en effet: “La foi est la ferme attente de choses qu’on espère, la claire démonstration de réalités que pourtant l’on ne voit pas. Par la foi, nous comprenons que les systèmes de choses ont été disposés par la parole de Dieu, de sorte que ce qui se voit est venu de choses qui ne paraissent pas.” (Héb. 11:1, 3). “Nous marchons par la foi, non par la vue.” — II Cor. 5:7.
Cela ne veut pas dire que la foi chrétienne ne repose sur aucune base visible ou ne se rapporte qu’à des choses intangibles. Non; il est vrai qu’à toutes les époques les hommes ont pu constater, autour d’eux, en eux et dans ce qu’ils ont vécu, de nombreuses preuves que la Bible est la véritable révélation divine et qu’elle ne contient rien qui soit contraire aux faits démontrables (Rom. 1:18-23). La connaissance du passé éclairée par les découvertes archéologiques est intéressante et appréciée, mais elle n’est pas absolument nécessaire. Seule la connaissance du passé éclairée par la Bible est indispensable et tout à fait digne de foi. Avec ou sans l’archéologie, la Bible donne la signification véritable du présent et jette une lumière sur l’avenir (Ps. 119:105; II Pierre 1:19-21). En réalité, seule une foi faible a besoin de s’appuyer sur une béquille, de se fonder sur des briques qui tombent en poussière, sur des vases brisés et sur des murs croulants.
Des conclusions incertaines
Les découvertes archéologiques ont parfois apporté une réponse commode à ceux qui discutaient certains récits bibliques ou qui mettaient en doute l’historicité de certains événements. Elles ont également contribué à dégager l’esprit de gens sincères qui se laissaient impressionner par les arguments de ces détracteurs. Cependant, l’archéologie n’a pas pour autant réduit au silence ceux qui critiquent la Bible et elle n’est pas non plus un fondement absolument sûr sur lequel on puisse baser sa croyance dans le récit biblique. Les conclusions qui ont été tirées de la majorité des fouilles sont essentiellement fonction des raisonnements déductifs et inductifs des chercheurs qui, un peu comme des policiers, réunissent des indices. Aujourd’hui encore, même quand des policiers découvrent et réunissent une liste impressionnante de preuves matérielles ou indirectes concernant une affaire qui passe en justice, s’ils ne disposent pas de témoins dignes de foi et directement impliqués dans l’affaire, celle-ci sera jugée bien contestable. De graves erreurs et des injustices ont été commises parce que des jugements ont été prononcés d’après ces seules preuves. À plus forte raison risque-t-on de se tromper quand deux ou trois mille ans se sont écoulés entre l’événement lui-même et les recherches entreprises par les archéologues.
Pour illustrer à quel point peuvent être différentes les opinions ou les interprétations formulées par plusieurs autorités à partir de découvertes archéologiques, considérons les vestiges de grands bâtiments à colonnes et d’une cour dallée que l’on a dégagés à Méguiddo ainsi qu’à Hazor. La plupart des ouvrages de référence affirment qu’il s’agissait d’écuries, probablement de celles des chevaux que Salomon attelait à ses chars. Cependant, D. Wiseman, professeur d’assyriologie à l’université de Londres, laisse entendre, dans un article écrit pour un dictionnaire (The New Bible Dictionary, rédacteur responsable: J. Douglas, p. 77), qu’il “peut très bien s’agir de chancelleries et d’autres bâtiments publics plutôt que de casernes”.
L’incapacité des archéologues à mettre en lumière le passé autrement qu’avec une exactitude approximative n’est pas le seul problèmes. Bien qu’ils s’efforcent de garder un point de vue objectif sur les vestiges qu’ils mettent au jour, les archéologues, comme les savants en général, sont néanmoins influencés par leurs faiblesses, leurs tendances et leurs ambitions personnelles, ce qui peut les inciter à tenir un raisonnement erroné. Attirant l’attention sur ce problème, le professeur W. Albright écrit: “D’autre part, il y a le risque de vouloir aboutir à de nouvelles découvertes et formuler un point de vue original aux dépens de travaux antérieurs plus solides. C’est particulièrement le cas dans des domaines comme la géographie et l’archéologie bibliques, dans lesquels il est si difficile de maîtriser les instruments et les méthodes d’investigation qu’on est toujours tenté de négliger les saines méthodes, c’est-à-dire de substituer les combinaisons habiles et les hypothèses brillantes au travail plus systématique et plus lent.” — The Westminster Historical Atlas to the Bible, éd. rév., p. 9.
Différences dans les dates
Il est important de garder cela présent à l’esprit quand on considère les dates que les archéologues avancent à propos de leurs découvertes. H. Rowley, autorité en la matière, déclare: “Il ne faut pas accorder une valeur excessive aux dates avancées par les archéologues, car, dans tous les cas, elles dépendent en partie de facteurs subjectifs, ce que prouvent assez les différences entre les dates avancées par les uns et les autres.” (Archæology and the Old Testament, Unger, p. 152). Illustrant cela, Merrill Unger écrit (p. 164, note 15): “Par exemple, Garstang situe la chute de Jéricho à environ 1400 av. n. è. (...); Albright est d’accord avec environ 1290 (...); Hugues Vincent, l’éminent archéologue de la Palestine, s’en tient à 1250 (...); alors que pour H. Rowley, Ramsès II est le pharaon de l’oppression et l’exode a eu lieu sous le règne de son successeur, Marniptah [Merneptah], vers 1225.” Tout en défendant la crédibilité des méthodes et des analyses de l’archéologie moderne, le professeur Albright reconnaît qu’“il reste difficile à un non-spécialiste de se frayer un chemin à travers les dates et les conclusions contradictoires des archéologues”. — L’archéologie de la Palestine, p. 274.
On a bien utilisé “l’horloge au radiocarbone” et d’autres méthodes modernes pour dater les objets mis au jour. Toutefois, elles ne sont pas parfaitement exactes, comme le montre ce commentaire de Ernest Wright (The Biblical Archæologist [vol. XVIII, 1955, p. 46]): “On peut constater que la nouvelle méthode au carbone 14 utilisée pour dater les vestiges anciens ne s’est pas révélée aussi infaillible qu’on l’avait espéré (...). Certaines mesures ont, de toute évidence, donné des résultats erronés, sans doute pour plusieurs raisons. Actuellement, on ne peut se fier entièrement aux résultats donnés que lorsque plusieurs mesures ont fourni des résultats pratiquement identiques et que la date indiquée paraît exacte d’après d’autres méthodes de calcul [c’est nous qui soulignons].” Le désaccord persistant entre les différentes opinions avancées par les archéologues montre bien que cette méthode n’a pas résolu le problème de la datation.
La valeur relative des inscriptions
Des milliers d’inscriptions anciennes ont été trouvées et traduites. Albright dit: “Les documents écrits constituent de loin la plus importante catégorie d’objets découverts par les archéologues. Il est donc important de se faire une idée exacte de leurs caractéristiques et de notre aptitude à les déchiffrer.” (The Westminster Historical Atlas to the Bible, éd. rév., p. 11). Il peut s’agir de textes écrits sur des fragments de poterie, sur des tablettes d’argile ou sur des papyrus, ou encore d’inscriptions gravées sur le granit. Quel que soit le matériau utilisé, il faut examiner les renseignements qu’offrent ces inscriptions pour en éprouver la valeur et pour savoir s’ils sont dignes de foi. Des textes gravés sur de la pierre ou écrits sur du papier peuvent être erronés ou franchement mensongers. Ce fut d’ailleurs fréquemment le cas.
Prenons un exemple. La Bible rapporte que Sennachérib, roi d’Assyrie, fut assassiné par deux de ses fils, Adrammélech et Scharézer, et qu’un autre, Ésar-Haddon, lui succéda sur le trône (II Rois 19:36, 37). La chronique babylonienne découverte par les archéologues déclare, quant à elle, que le vingtième jour de Tébeth, Sennachérib fut tué par son fils qui s’était révolté contre lui. Bérose, prêtre babylonien du troisième siècle avant notre ère, comme Nabonide, roi babylonien du sixième siècle avant notre ère, rapportent eux aussi dans leurs écrits que Sennachérib a été assassiné par un seul de ses fils. Cependant, Ésar-Haddon, qui succéda à son père, Sennachérib, déclare nettement sur un fragment découvert plus récemment du prisme qui porte son nom, que ses frères (au pluriel) se révoltèrent contre leur père et le tuèrent, après quoi ils s’enfuirent. Philip Biberfeld (dans Universal Jewish History, 1948, p. 27) fait ce commentaire: “La chronique babylonienne, Nabonide et Bérose se trompaient; seul le récit biblique se révèle exact. Il a été confirmé dans tous ses détails par l’inscription d’Ésar-Haddon et, concernant cet événement de l’histoire assyro-babylonienne, il s’est révélé plus exact que les sources babyloniennes elles-mêmes. C’est là un fait d’une extrême importance pour apprécier la valeur de sources pourtant contemporaines aux événements qu’elles relatent quand elles sont en désaccord avec la tradition biblique.”
Problèmes de déchiffrement et de traduction
Le chrétien doit également se montrer avisé en n’acceptant pas automatiquement l’interprétation avancée de nombreuses inscriptions en langue anciennes découvertes par les archéologues. Dans certains cas, tels que la pierre de Rosette et l’inscription de Behistoun, les savants qui ont déchiffré les langues en question ont fait de grands progrès dans l’intelligence d’une langue auparavant inconnue, cela parce que le texte écrit en cette langue l’était aussi, sur la même inscription, en une ou plusieurs autres langues connues. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à ce que de tels apports résolvent tous les problèmes ou permettent de comprendre parfaitement une langue ancienne avec toutes ses nuances et ses expressions idiomatiques. Ces derniers temps, on a encore fait des progrès considérables dans la connaissance des langues bibliques fondamentales que son l’hébreu, l’araméen et le grec, et on ne cesse de les étudier. Pour ce qui est de la Bible, la Parole divine inspirée, nous pouvons à bon droit nous attendre à ce que son Auteur nous permette d’obtenir la bonne intelligence de son message grâce aux traductions de ce livre disponibles dans les langues modernes.
Pour illustrer la nécessité d’être prudent en ce domaine et apporter un témoignage supplémentaire au fait que les problèmes que pose le déchiffrement des inscriptions anciennes sont bien souvent abordés avec moins d’objectivité qu’on pourrait le penser, nous citerons le livre Le secret des Hittites (pp. 108-111), de C. Ceram. Il dit à propos d’un assyriologue éminent qui travailla au déchiffrement de la langue hittite: “Son œuvre fourmille d’erreurs et contient nombre de révélations capitales (...). L’argumentation (...) est si convaincante qu’il fallut plusieurs dizaines d’années pour s’apercevoir qu’elle était erronée. (...) Son érudition philologique était prodigieuse.” L’auteur décrit ensuite l’obstination avec laquelle ce savant s’opposa à toute modification de ses découvertes. Après bien des années, il consentit enfin à opérer quelques changements, mais les leçons qu’il modifia étaient justement celles qui se révélèrent exactes quelque temps plus tard. Tout en relatant la violente querelle, émaillée de récrimination personnelles, qui éclata entre cet homme et un autre savant occupé lui aussi à déchiffrer les caractères cunéiformes hittites, l’auteur laisse cependant entendre que le fanatisme qui provoque de telles querelles est un stimulant nécessaire si l’on veut que les savants fassent des découvertes. Ainsi, bien que le temps et les recherches aient permis d’éliminer de nombreuses erreurs dans l’interprétation des inscriptions anciennes, nous ferons bien de reconnaître que d’autres études peuvent encore amener de nouvelles corrections.
Toute cela confirme la supériorité de la Bible en tant que source de connaissance digne de foi et de renseignements authentiques, et comme guide sûr. Ce recueil de documents écrits, qui nous donne l’image la plus nette du passé de l’homme, est parvenu jusqu’à nous, non pas grâce aux fouilles archéologiques, mais parce qu’il a été préservé par son Auteur, Jéhovah Dieu. La Bible “est vivante et fait sentir son action”. (Héb. 4:12.) Elle est “la parole du Dieu vivant et permanent”. “Toute chair est comme l’herbe; l’herbe se dessèche et la fleur tombe, mais la parole de Jéhovah demeure pour toujours.” — I Pierre 1:23-25.
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ARCHER
L’usage de l’arc et de la flèche permit à l’homme, après le déluge, de tuer des animaux qui couraient trop vite ou qui étaient trop dangereux pour être pris autrement. Il pouvait ainsi se procurer la nourriture et le vêtement, et se construire des abris. Quand Nimrod devint puissant, il enrôla probablement des archers à son service.
Au vingtième siècle avant notre ère, Ismaël, fils aîné d’Abraham, “devint tireur d’arc” pour subvenir à ses besoins dans le désert (Gen. 21:20). De même, Ésaü, petit-fils d’Abraham, maniait l’arc avec habileté (Gen. 27:3). Des monuments témoignent que depuis les temps les plus anciens les archers constituaient les principales troupes offensives de l’Égypte, et des sculptures babyloniennes représentent elles aussi des archers. Aux jours de Josué (Josué 24:12) et de David (I Chron. 12:1, 2), et dans les temps qui suivirent, les archers jouèrent un rôle important dans l’armée d’Israël (II Chron. 14:8; 26:14). Des archers philistins, syriens et égyptiens tuèrent respectivement les rois Saül, Achab et Josias. — I Sam. 31:1-3; I Rois 22:34, 35; II Chron. 35:20, 23.
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