27ème partie : “ Que ta volonté soit faite sur la terre ”
Dans le livre “ Que ta volonté soit faite sur la terre ”, nous étudions maintenant le chapitre 10, intitulé “ Le nord contre le midi ”. Cela concerne le duel militaire et politique entre ce que la prophétie de Daniel, chapitre 11, appelle “ le roi du nord ” et “ le roi du midi ”. L’identité de ces deux rois symboliques change de temps en temps. Pendant plus de deux cents ans, le rôle de roi du nord fut rempli par la lignée de gouverneurs helléniques de Syrie, au Moyen-Orient. Mais en 64 av. J.-C., la Syrie fut assujettie et faite province romaine, ayant comme capitale Antioche, où, plus tard, la lignée de gouverneurs de l’Empire romain devint ainsi le roi du nord. L’empereur César Auguste mourut en 14 apr. J.-C. ; et son beau-fils Tibère devint son successeur, un “ homme méprisé ”, selon Daniel 11:21, Da. Pendant le règne de Tibère, les “ troupes militaires débordantes ” des pays assujettis furent tenues en échec ou furent “ submergées devant lui ” et furent “ brisées ”.
70. Selon Daniel 11:25, qui devient le roi du nord ? Durant son règne, de qui les ambitions se révélèrent-elles un danger pour l’empire ?
70 Prévoyant les activités du roi du nord prophétique, l’ange de Jéhovah dit encore à Daniel : “ Et il réveillera sa puissance et son cœur (courage, Sy) contre le roi du midi, avec une grande armée. Et le roi du midi s’engagera dans la guerre avec une grande et très puissante armée. Mais il ne tiendra pas, car ils trameront leurs desseins contre lui ; et ceux qui mangeaient de ses mets (...) (amèneront sa chute, Le) ; et (l’armée de l’autre débordera, Le) ; et beaucoup de gens tomberont tués. ” (Dan. 11:25, 26, Da). Lors de l’accomplissement de ce verset, le roi du nord est devenu l’empereur Aurélien (270-275 de notre ère). L’une de ses grandes préoccupations fut la reine Septimie Zénobie de Palmyre dans le désert syrien. Ville ancienne, Palmyre fut favorisée dans son développement par les guerres entre les Romains et les Parthes en Perse. Quand l’empereur Adrien visita la ville vers 130 apr. J.-C., il lui donna le nom d’Adrianopolis. Elle devint une colonie romaine et un important poste militaire. Les guerres avec la Perse lui valurent pour un temps une certaine importance politique et, pendant quelques années, elle fut comme la capitale de l’Orient romain. Elle devint un danger pour Rome, par suite des ambitions de la reine Zénobie. Le nom de naissance de cette dernière était Bath Zabbaï. Son mari, le roi Odenath, était le commandant suprême de l’Orient. Après sa mort (266-267 apr. J.-C.), Zénobie conçut l’idée d’élever sa position au-dessus de la sienne en faisant de Palmyre la ville principale de l’Empire romain en Orient. Déjà experte dans l’art de gouverner, elle saisit les rênes du gouvernement tout entier.
71. Comment en vint-elle, avec son fils, à occuper la position de roi du midi vis-à-vis de l’Empire romain ?
71 Son général en chef était Zabdas, parent de son mari, et sous son commandement, l’armée palmyrienne occupa l’Égypte en 270 sous le prétexte de l’assujettir à Rome, car des prétendants contestaient l’autorité de l’empereur romain le long du Nil. Zénobie dirigea cette conquête, et son fils gouverna l’Égypte avec le titre de roi, sa mère étant appelée reine. Des garnisons de troupes palmyriennes furent établies en Asie Mineure aussi loin vers l’ouest qu’Ancyre (maintenant ville turque d’Ankara) et que la ville européenne qui lui fait face, Byzance. Zénobie en vint à être appelée Augusta ou impératrice. Quand Aurélien devint empereur romain en 270 apr. J.-C., il devint le roi du nord. Il comprit vite que la conduite ambitieuse de la reine Zénobie mettait en danger l’unité de l’Empire romain. Dans sa seconde année, la rupture se produisit entre elle et lui. Zénobie fut alors menacée d’une invasion par le roi du nord pour qui elle occupait la position de roi du midi. Elle avait acquis une grande importance en unissant les Arabes du désert aux Égyptiens. Outre la Mésopotamie et une partie de l’Asie Mineure elle occupait l’Égypte ainsi que la Syrie. Elle pouvait compter sur les Arabes et sur les Arméniens mais ne pouvait se fier complètement à la loyauté des Syriens.
72. Qu’est-ce que le roi du nord devait réveiller ? Comment le roi du midi dut-il se préparer ? Quel fut le résultat de la lutte ?
72 L’empereur Aurélien fut obligé de réveiller sa puissance et son cœur pour marcher contre cette reine d’Égypte et de Syrie, amie de la guerre. De son côté, elle dut se préparer à faire la guerre avec le roi du nord au moyen d’une armée extrêmement grande et puissante sous le commandement de ses deux généraux, Zabdas et Zabbai. Aurélien reconquit tout d’abord l’Égypte à son profit grâce à Probus. Puis il se prépara en vue d’une grande expédition en Asie Mineure et en Syrie. Zénobie avec ses deux généraux subit une défaite à Émèse (aujourd’hui Homs) et se retira à Palmyre. Bien que sa ville eût pour rempart le désert, Aurélien organisa et mit finalement le siège devant la ville solidement fortifiée et bien approvisionnée. Sous le siège, le courage de Zénobie s’effondra. Elle sortit de la ville avec son fils et s’enfuit vers la Perse pour obtenir du secours. Les Romains se saisirent d’eux sur la rive de l’Euphrate. Les Palmyriens assiégés perdirent courage et livrèrent la ville en 272 apr. J.-C. Aurélien épargna la vie de Zénobie et l’emmena à Rome pour qu’elle figurât, à titre de sa part de butin, dans son grand défilé triomphal à travers la capitale impériale, en 274a. Après quoi, il lui fut permis de passer le reste de sa vie comme dame romaine.
73. De quelle façon le roi du nord ne tint-il pas, ceux qui mangeaient ses mets ayant amené sa chute ?
73 Non seulement la reine Zénobie, dans le rôle de roi du midi, ne tint pas devant la puissante armée de Rome, mais son vainqueur lui-même, l’empereur Aurélien, ne tint pas contre les conspirateurs. Le sénat romain lui conféra avec raison le titre de Restaurateur de l’Empire romain. Ce fut le premier empereur romain à porter le diadème, et sur les médailles, on lui donna les titres de Seigneur et Dieu. Vers la fin de son année triomphale, il partit en expédition contre les Perses. Alors qu’il attendait, en Thrace, l’occasion de traverser le détroit avant de pénétrer en Asie Mineure, ceux qui mangeaient ses mets exécutèrent leurs projets pervers contre lui et le brisèrent. Il venait d’inviter son secrétaire Éros à lui expliquer certaines irrégularités. Éros incita quelques fonctionnaires à conspirer contre lui en fabriquant une liste comprenant des hommes destinés à la mort après y avoir incorporé le nom de ces fonctionnaires. La vue de cette liste les incita à tramer son assassinat.
74. En ce qui concerne la représentation ultérieure du roi du nord, comment l’“ armée de l’autre ” déborda-t-elle, de sorte que beaucoup de gens furent tués ?
74 La carrière de roi du nord ne prit pas fin avec l’empereur Aurélien. D’autres empereurs lui succédèrent, et pendant un temps, il y eut un empereur de l’occident, un autre de l’orient, au sein d’un seul empire. Sous leur domination, l’armée du roi du nord fut détruite et beaucoup de gens tombèrent tués, comme l’avait annoncé la prophétie, à cause des invasions de barbares venus du nord. Ces invasions furent repoussées jusqu’au quatrième siècle ; alors les barbares réussirent à se frayer un passage. Les Goths ou Germains découvrirent que les légions armées de Rome n’étaient plus invincibles. Maintenant qu’ils avaient enfoncé les frontières romaines, les invasions se succédèrent sans interruption. Au début du sixième siècle, ils avaient fait crouler l’Empire romain d’Occident, et les rois germaniques commandèrent en Italie, en Angleterre, en Gaule, en Espagne et en Afrique du Nord. Dans la partie orientale de l’empire, Constantinople (Byzance) avait failli tomber devant le Hun menaçant, Attila, qui se dirigea alors vers l’ouest.
75. Comment l’Empire romain fut-il partagé en deux parties, avec deux empereurs ? Comment l’Égypte vint-elle finalement sous la domination britannique ?
75 L’empereur Constantin (324-337) fit reconnaître par l’État la forme de christianisme adoptée par le peuple ; en 325, il présida même le Concile de Nicée en Nicomédie, Asie Mineure, à moins de cent cinquante kilomètres de Byzance. Plus tard, il transféra la résidence impériale de Rome à Byzance. Là, le 11 mai 330, il fonda la nouvelle capitale impériale et la consacra sous le nom de Nouvelle Rome ou Constantinople. Mais il y avait encore un seul empire romain. Le 17 janvier 395, à la mort de l’empereur Théodose, qui régna plus tard, l’empire fut finalement partagé entre ses fils, Honorius recevant la partie occidentale et Arcadius la partie orientale, avec sa capitale Constantinople. L’Égypte échut en partage à Constantinople et devint une province de la division orientale de l’Empire romain. En 641 de notre ère, lorsque Héraclius fut empereur d’Orient, la capitale égyptienne, Alexandrie, échut aux Sarrasins mahométans et l’Égypte devint province des califes ou successeurs de Mahomet. Longtemps après, en 1516-1517, l’Égypte devint province turque, gouvernée par un pacha. Quand la première guerre mondiale éclata en 1914, l’Égypte appartenait à la Turquie et était gouvernée par un khédive ou vice-roi. Comme il s’était rangé du côté des Allemands, le khédive Abbas-pacha fut déposé le 18 décembre de cette année-là, et l’Égypte proclamée protectorat britannique, surtout avec l’idée de protéger le canal de Suez.
76. Quand et comment l’Empire romain d’Orient prit-il fin ?
76 Constantin P. XII fut le dernier empereur d’Orient ; il monta sur le trône en 1448. Les Mahométans avaient tenté à maintes reprises de s’emparer de Constantinople. Après des siècles de tentatives, ils réussirent finalement. La ville fut assiégée pendant trente-trois jours par le sultan turc Mahomet (Mohammed) II et prise le 29 mai 1453. Avec sa prise, l’Empire romain d’Orient cessa définitivement d’exister.
77. Dans quelle lignée d’évêques une nouvelle figure politique et religieuse se leva-t-elle ? Quand y eut-il lieu de parler d’un empire d’Orient et d’un empire d’Occident ?
77 Dans la partie occidentale de l’Empire romain, une nouvelle figure politique et religieuse se leva en la personne de l’évêque catholique de Rome, en particulier avec le pape Léon Ier, le Grand, célèbre en sa qualité de fondateur véritable de la papauté au cinquième siècle. Dans le cours du temps, le pape prit sur lui de couronner l’empereur de l’Empire romain d’Occident. Cela se produisit quand le pape Léon III couronna le roi franc, Charles (Charlemagne), le jour de Noël, en 800 de notre ère, à Rome, le faisant empereur de l’Empire romain d’Occident. Le pape Léon III déclara : “ À Charles l’Auguste, couronné par Dieu, grand et pacifique empereur, vie et victoire. ” C’est ainsi que dès lors le chef politique fut censé régner “ par la grâce de Dieu ”. Cependant, une histoire récente affirme ceci : “ Le couronnement de Charlemagne fut une usurpation, car le gouvernement de Constantinople était encore l’autorité gouvernementale légale de l’empireb. ” Cela était vrai même si, à l’époque, une usurpatrice, l’impératrice Irène (780-802), était assise sur le trône à Constantinople. C’est à partir de ce moment précis qu’il y a lieu de parler de l’empire d’Orient et de l’empire d’Occident, les deux se prétendant chrétiens. Charlemagne ajouta une seconde tête à l’aigle de ses insignes, pour montrer que les empires romain et germanique étaient unis.
78. Quand la dignité d’empereur devint-elle élective ? À qui fut-elle attribuée finalement pour être gardée jusqu’à la fin ? Comment le saint-empire romain de la nation allemande fut-il établi et amené à sa fin ?
78 En 911, la dignité d’empereur devint élective. Cinq siècles plus tard, les membres de la maison de Habsbourg d’Autriche l’obtinrent et la gardèrent jusqu’en 1806 où la dissolution du saint-empire romain fut accomplie. L’empire germanique reçut ce titre pendant le règne d’Othon le Grand. En 961, il fut couronné roi d’Italie ; et, le 2 février 962, le pape Jean XII le couronna à Rome sous le nom d’Othon Ier, empereur du saint-empire romain. Cet empire en vint à être connu sous le nom de saint-empire romain germanique (de la nation allemande). Il eut sa capitale en Allemagne, et les empereurs et la majorité de leurs sujets étaient Allemands. Ainsi, sous le règne d’Othon Ier des relations étroites furent établies entre l’Allemagne et l’Italie, l’Allemagne étant la première car l’Italie fut traitée finalement en province conquise. Napoléon Bonaparte fut celui qui mit fin au saint-empire romain en 1806. Quand, en sa qualité d’empereur des Français, il refusa de reconnaître l’existence de cet empire, l’empereur François II affranchit les États allemands de leur fidélité au saint-empire romain. Il renonça à la dignité impériale romaine et revint au gouvernement de sa nation sous le nom d’empereur d’Autriche. Ainsi, après 1 006 années, le saint-empire romain, fondé par le pape catholique et l’empereur franc Charlemagne, arriva à une fin sans gloire. Il s’était révélé comme n’étant pas le royaume millénaire de Dieu.
(À suivre.)
[Notes]
a Voyez Thy Kingdom Come (Que ton règne vienne), de C. T. Russell (1891), p. 33, 34.
b On the Road to Civilization, de Heckel et Sigman, p. 275, par. 3.