Coup d’œil sur le monde
Les amygdales, un organe utile
Selon un article paru dans L’Express (10-16 août 1970), des travaux récents ont attiré l’attention sur le fait que les amygdales sont constituées par du tissu lymphoïde, qui est un producteur actif de globules blancs, lesquels dévorent les microbes. Les amygdales jouent donc un rôle important dans la protection contre les maladies infectieuses. Parlant de leur ablation, le chef du service d’oto-rhino-laryngologie d’un grand hôpital parisien affirma que l’on “ne devrait jamais opérer sans des raisons très sérieuses”. Le Dr Ogra, chef d’une équipe de pédiatres à l’hôpital Buffalo de l’université de l’État de New York, vient d’apporter les preuves, par une série d’expériences intéressantes, que les amygdales jouent un rôle décisif dans la formation des anticorps contre le virus de la poliomyélite. L’article précité dit entre autres : “Un virus n’est pas un microbe. Que les amygdales jouent un rôle spécifique dans la défense contre les virus est un fait nouveau. D’autant que rien ne prouve que cette action se limite au virus de la poliomyélite. À l’heure actuelle, où les virus sont de plus en plus souvent accusés d’être à l’origine du cancer, rien n’interdit de penser que les amygdales jouent également un rôle protecteur contre la terrible maladie. Le Dr Ogra a parfaitement conscience qu’il s’agit surtout, pour le moment, d’hypothèses. Mais elles lui paraissent suffisamment fondées pour qu’on s’abstienne, en tout cas, d’enlever les amygdales au moindre prétexte.”
L’air pollué au-dessus des villes
Au Japon, pays qui compte aujourd’hui cent millions d’habitants, la pollution du sol, de l’eau et de l’air a atteint le point critique. Les hôpitaux de Tokyo soignent journellement des milliers de citadins souffrant de picotements des yeux et de la gorge et d’autres affections dues au brouillard blanc qui recouvre souvent de vastes quartiers de la ville.
Dernièrement, un brouillard industriel malsain se forma, au-dessus de Sydney, en Australie. Devant les vives protestations des citadins, la municipalité promit de prendre des mesures pour remédier à cette pollution de l’atmosphère. On découvrit que l’odeur désagréable provenait des installations d’une société pétrolière, mais étant donné “le manque de preuves”, il était “impossible d’intenter une action” contre cette société.
L’arrestation d’un évêque au Cameroun
Un communiqué officiel publié à Yaoundé à la fin août, annonça l’arrestation de Mgr Albert Ndongmo, évêque de Ngongsamba, “pour complicité avec la rébellion”. L’arrestation avait été décidée à la suite des révélations faites quelques jours auparavant par le chef rebelle. Les déclarations de celui-ci ainsi que des documents trouvés sur lui avaient permis d’établir la complicité active de Mgr Ndongmo depuis de longues années. Lors d’une confrontation avec ce chef, l’évêque déclara qu’il croyait participer à un “coup d’État spirituel et mystique” où seuls “des anges opéreraient” et non des hommes. Il ajouta : “S’il s’était agi d’un coup d’État avec effusion de sang, cela aurait été contre la Bible.” Il avoua néanmoins avoir donné quatre armes aux deux principaux conjurés d’un complot contre le chef de l’État, mais ajouta que “ces armes étaient simplement le symbole de la guerre spirituelle qui allait se faire et que les anges allaient réaliser”.
L’inflation, un phénomène mondial
Les prix augmentent dans presque tous les pays du monde, souvent au point d’atteindre les proportions d’une véritable crise. Au cours des douze mois écoulés, cette augmentation a été de 29,3 pour cent au Chili, de 21,7 pour cent au Brésil, de 8,3 pour cent au Japon, de 6,3 pour cent en Suède et de 6,2 pour cent aux États-Unis. Autrement dit, l’inflation est devenue un phénomène mondial. Elle est particulièrement grave en Europe. On dit même que si l’Amérique et l’Europe ne coordonnent pas leurs efforts pour la combattre, la grande dépression des années 1930 paraîtra insignifiante à côté de la crise économique qui menace le monde. Un économiste suisse déclara à ce sujet : “Le plus grand danger qu’affronte le monde aujourd’hui est l’inflation américaine. Si les États-Unis, forts d’une puissante économie et de la principale monnaie du monde, ne peuvent maintenir le taux d’inflation chez eux à moins de 5 ou 6 pour cent par an, comment les autres pays peuvent-ils espérer rétablir des conditions stables ?”
Une cérémonie religieuse au Congo
Dans un numéro récent, Le Soir de Belgique a décrit la cérémonie lors de laquelle des religieuses de la congrégation de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus viennent de renouveler ou de prononcer leurs vœux en présence de l’archevêque de Kinshasa. On y lit notamment : “Pendant la cérémonie, les sœurs accompagnaient leurs chants de gestes rythmiques. Le rite catholique congolais intégra, en cette circonstance, la tradition séculaire bantoue du pacte du sang, symbole de l’indissolubilité des liens assumés : un linge imprégné d’une goutte de sang des religieuses fut posé définitivement près de la pierre d’autel.”
À propos de la vente libre de la marijuana
Un comité de trois experts américains en sociologie a recommandé la légalisation de la vente de la marijuana aux personnes âgées de plus de dix-huit ans. De l’avis de ces experts, l’interdiction de l’emploi de cette drogue traumatise les jeunes qui s’en servent tout en sachant qu’ils violent la loi. Commentant cette recommandation, le Dr Bensoussan, médecin des Hôpitaux psychiatriques français, dit entre autres concernant la toxicité de la marijuana, qu’il s’agit d’un problème encore à résoudre et qui demande des études considérables. Il ajouta : “D’une part, les teneurs en principes nocifs sont très variables selon la provenance des plantes et leur mode de récolte. (...) D’autre part, et c’est à mes yeux le plus important, il y a des sujets qui peuvent limiter volontairement à des quantités ‘raisonnables’ leur consommation de haschisch. Ce sont naturellement toujours ceux-là, que les défenseurs de la vente libre citent en exemple. Cela ne doit pourtant pas nous faire oublier qu’il y a d’autres sujets, souvent parmi les jeunes, qui vont présenter — et même parfois avec des doses minimes — des accidents psychiatriques graves. En outre, pour certaines personnes, le haschisch va agir comme le ‘révélateur’ d’une prédisposition aux toxicomanies. C’est alors tout le problème de l’escalade vers des intoxications plus graves, telles celles provoquées par les amphétamines et surtout par l’héroïne.” (Le Figaro, 9 septembre 1970). Deux documents importants publiés en Belgique abondent dans le même sens. Dans le premier, le Dr Bloch, chargé de cours à l’université libre de Bruxelles, signale que la marijuana modifie légèrement la perception visuelle et la perception du temps. L’intoxication à la marijuana, provoquée par des doses importantes, peut entraîner des actes inconsidérés, désordonnés, absurdes, ou même parfois délinquants ou criminels. Si cette drogue n’entraîne pas de dépendance physique, elle peut conduire assez aisément à la dépendance psychologique. En ce cas, le sevrage est pénible. Le second document, édité par Infor-Jeunes, attribue à la marijuana la possibilité d’accidents confusionnels aigus, de suicides et d’accidents mortels réels. Il dit que “l’information scientifique est insuffisante pour tolérer la légalisation de cette drogue. Son usage favorise la régression morale et la dégradation du respect de soi. (...) Son consommateur est tenté de rechercher des sensations plus fortes par une escalade vers d’autres drogues manifestement plus nocives”. — Le Soir, 12 août 1970.