BIBLIOTHÈQUE EN LIGNE Watchtower
Watchtower
BIBLIOTHÈQUE EN LIGNE
Français
  • BIBLE
  • PUBLICATIONS
  • RÉUNIONS
  • g80 22/9 p. 9-15
  • L’art d’apprivoiser les bêtes sauvages

Aucune vidéo n'est disponible pour cette sélection.

Il y a eu un problème lors du chargement de la vidéo.

  • L’art d’apprivoiser les bêtes sauvages
  • Réveillez-vous ! 1980
  • Intertitres
  • Document similaire
  • Un instinct à briser: celui de tuer
  • Un tempérament à connaître
  • Le dressage en douceur
  • Le tigre — chasseur solitaire et nocturne
    Réveillez-vous ! 1977
  • “ Un tigre ! ”
    Réveillez-vous ! 1996
  • Le tigre de Sibérie survivra-t-il ?
    Réveillez-vous ! 2008
  • Au secours des animaux maltraités par l’homme
    Réveillez-vous ! 1982
Plus…
Réveillez-vous ! 1980
g80 22/9 p. 9-15

L’art d’apprivoiser les bêtes sauvages

Un ancien dresseur qui travaillait dans un parc naturel explique pourquoi il est indispensable de comprendre le tempérament des animaux avec lesquels on présente un numéro.

APRÈS s’être retourné pour faire face à la lionne, il croisa ses bras devant lui pour se protéger le thorax et le visage, espérant esquiver ainsi la charge de l’animal. Mais elle fut plus rapide que lui. Déjà son museau avait percé sa défense et elle l’aplatit au sol. Il sentit le raclement des crocs sur son crâne. La bête venait de lui arracher une touffe de cheveux. Il réussit néanmoins on ne sait trop comment à se remettre sur ses jambes et entreprit de gagner la sortie. De nouveau, la lionne l’écrasa au sol, mais cette fois, elle sortit de la piste en courant.

“Elle ne faisait que jouer, explique Larry Titus, son dresseur. D’habitude, nous laissons préalablement sortir l’animal dans un endroit où il aura de quoi s’ébattre, et nous jouons avec lui pour le mettre de bonne humeur avant le numéro. Mais, cette fois, on l’a gardé en cage jusqu’à la dernière minute, et il n’était pas prêt à faire son numéro. Il n’y a rien à lui reprocher. Tout est de notre faute.”

Dans ce parc naturel où les animaux évoluent en toute liberté, dans un habitat qui rappelle l’Afrique, les visiteurs s’étaient rassemblés autour de la piste d’une douzaine de mètres de diamètre pour suivre un numéro de dressage. “Imaginez que vous observiez un indigène qui court à travers la jungle”, expliquait monsieur Loyal, et le dresseur débouchait alors du tunnel, suivi d’un lion ou d’un tigre.

“Il nous arrive dessus à 50 kilomètres à l’heure et nous écrase au sol, pour jouer ensuite avec nous comme avec un palet. Le jeu est plutôt rude. C’est pourquoi nous ne le pratiquons que deux ou trois fois par jour, et nous nous relayons.”

La vie d’un dresseur n’a rien d’une sinécure, explique Larry Titus: “Il m’est déjà arrivé de me déboîter les deux épaules en deux jours. Une fois, c’était avec un puma, du genre de ceux qui apparaissent sur les publicités de voiture à la télévision. Je le dressais avec un signal sonore. Lorsque je lui ai fait signe de venir chercher de la viande, c’est sur moi qu’il s’est jeté. J’ai retenu si fort la chaîne que je me suis luxé l’épaule.”

Le lendemain, il se déboîtait l’autre épaule en essayant de donner un lavement à un éléphant. Chris, la femme de Larry, qui est soigneuse, ne peut réprimer un fou rire. “Il faudrait peut-être aussi que tu dises comment tu donnes un lavement à un éléphant”, lance-​t-​elle.

“Avec un tuyau d’arrosage, avoue son mari. L’éléphant n’a pas beaucoup apprécié et, d’un coup de pied, il m’a fait traverser les six mètres de l’écurie.”

Le plus grand danger couru par Larry remonte à l’époque où il débutait comme dresseur. Il travaillait alors en Californie dans une réserve de montagne où l’on dressait des animaux sauvages pour le cinéma. Rendons la parole à Larry:

“Dans le local des éléphants, il faisait aussi noir que dans un tunnel tant que l’on n’avait pas ouvert une fenêtre. Je suis entré dans le compartiment de Squeakie, un porc-épic. Je me suis mis à lui parler, pour qu’il comprenne que je ne lui voulais pas de mal. Mais, au lieu de reconnaître Squeakie, j’ai perçu un grognement sourd. Puis j’ai vu deux yeux verts. Aussitôt j’ai ouvert la fenêtre, et là, tapi contre le mur du fond était allongé un tigre de Sibérie de presque quatre mètres de long. La première réaction dans un tel cas consiste à crier de toutes ses forces. Mais je savais qu’il fallait au contraire continuer de parler comme si je m’adressais à Squeakie, tout en progressant en direction de la porte, jusqu’au moment où je pourrais sortir.

“C’est dans ces montagnes de Californie que Gary, mon frère jumeau, et moi avons appris le dressage. La réserve comprenait de 2 500 à 3 000 bêtes. Les cages n’étaient guère solides, et il ne se passait pas une journée sans qu’un animal ne s’échappe. La direction avait noté que mon frère et moi avions le chic pour rattraper les fuyards.

“Un jour que nous poursuivions un kangourou, je l’ai entendu descendre un ravin. Je me suis caché. Quand il est arrivé à ma hauteur, je lui ai sauté sur le dos. Il a alors dévalé le cañon. J’y ai perdu ma chemise et gagné quelques contusions et quelques égratignures sur tout le corps, mais, au bout de vingt minutes, il en a eu assez. Outre ce kangourou, j’ai également monté des autruches, des girafes, des rhinocéros, des gnous, des antilopes, bref, tout ce qui était susceptible d’être monté. Au bout de cinq années passées ainsi, Gary et moi avons pris goût au dressage d’animaux sauvages.”

Un instinct à briser: celui de tuer

Devant un lion ou un loup, voire un aigle géant, la plupart des gens éprouvent un sentiment de crainte. Cette frayeur, les dresseurs professionnels ne la connaissent absolument pas.

“Je vois que ce sont des animaux sauvages, explique Larry, et donc qu’ils sont dangereux par nature, mais pas par vice ou par sadisme, contrairement aux humains. Bien qu’ils ne soient pas domestiqués, ils aiment jouer et se montrer amicaux à leur façon. Ils sont capables d’affection et d’amitié dans la mesure où l’on comprend que ce sont eux qui en fixent les modalités. Toutefois, en apprenant à les apprivoiser, il ne faut jamais sous-estimer leur instinct de tuer. C’est la première chose que nous surveillons lorsque nous recevons des nouveaux venus à l’île aux Tigres.

“L’île aux Tigres se trouve au large de la Californie, en face d’un grand parc naturel. C’est à cet endroit que la lionne m’avait arraché une touffe de cheveux. Le public avait l’habitude de faire le tour de l’île en bateau pour observer les ébats des lions et des tigres. Quant à moi, j’étais l’un des principaux dresseurs qui surveillaient les jeux des quinze ou vingt énormes félins. La plupart des animaux avaient grandi en face de l’île, là où l’on donne des représentations. Quand ils étaient jeunes, c’étaient la plupart du temps des soigneuses qui s’occupaient d’eux, ou plus exactement qui les gâtaient, car, certaines fois, elles pourrissaient littéralement les petits animaux. En grandissant, ils nous étaient envoyés, sur l’île aux Tigres. Mais s’ils avaient été gâtés, nous nous trouvions confrontés à un sérieux problème.

“Un jour, j’ai reçu un lion de onze mois qui pesait dans les cent kilos. La première chose à faire quand un animal arrive sur l’île aux Tigres, c’est de briser son instinct de possession. S’il s’empare de quoi que ce soit et qu’il le conserve pendant un certain temps, il considère que cela lui appartient. Ensuite, si l’on essaie de le lui enlever, on risque sa vie. J’avais ma méthode pour évaluer cet instinct de possession. Je donnais à l’animal quelque chose pour jouer, puis je lui disais de le laisser, avant qu’il se l’approprie. Autrement, une fois qu’il se l’est approprié, il s’octroie le droit de le mettre en pièces, et quelquefois, son jouet, c’est vous.

“Ce jeune lion s’appelait Dent-de-lion. Je lui ai donné un sac en toile de jute. Après l’avoir laissé jouer un peu avec, je lui ai demandé de le lâcher. J’ai répété mon ordre trois ou quatre fois. Mais l’animal grondait, s’apprêtant à bondir, m’envoyant des coups de patte et des coups de crocs. Il fallait que j’esquive ou que je contre ses coups de patte et que je riposte par d’autres coups. Peut-être même l’ai-​je frappé sur le museau. Il m’obligea à reculer de quelques mètres, vers un arbre où j’avais un bâton. Il s’aplatit alors au sol, puis, d’un bond, retourna à son sac.

“Je ne pouvais pas le laisser continuer ainsi. J’ai donc pris le bâton et je suis revenu en le cachant derrière moi. De nouveau, j’ai lancé: ‘Lâche!’ Le lion gronda. Je répétai: ‘Lâche!’ Il m’envoya un coup de patte. Je le frappai au museau. C’était pour son bien et pour le mien. S’il n’apprenait pas à obéir, on l’expédierait dans un zoo où il resterait en cage jusqu’à la fin de ses jours, soit, pour ce jeune lion, pendant vingt ans. Une heure plus tard, le moment était venu de lui donner une autre leçon. Je lui ai donc rendu le sac; mais il n’en voulut pas. J’ai donc attendu le lendemain.

“Le jour suivant, il s’en empara de nouveau mais n’obéit à l’ordre de le lâcher qu’à la troisième fois. C’était mieux, mais ce n’était pas encore cela. Il fallait qu’il apprenne à lâcher l’objet du premier coup. Nous avons donc poursuivi le dressage, jusqu’à ce qu’un ordre suffise pour qu’il abandonne le sac. Dès lors, j’ai pu me rendre n’importe où dans l’île, même loin des autres, et, si l’animal décidait de s’emparer de quelque chose, je n’avais qu’à lancer: ‘Lâche!’ et les oreilles de Dent-de-lion se rabattaient, puis il abandonnait son jouet. C’était excellent. C’était même une question de protection, de vie ou de mort.”

En effet, l’obéissance d’un animal à l’ordre de lâcher ce dont il s’est emparé peut sauver la vie à un dresseur. C’est ainsi que Gary, le frère de Larry, devait travailler avec un éléphant d’Afrique dans une exploitation du sud de la Californie. L’animal s’appelait Punky. Après que son dresseur eut montré à Gary les ordres et les signes que Punky comprenait, Gary prit le crochet (un bâton d’une soixantaine de centimètres, terminé par un crochet) et se mit à faire évoluer Punky.

Mais les animaux sont un peu comme les enfants; ils veulent savoir à qui ils ont affaire. Punky enroula donc sa trompe autour des jambes de Gary, l’éleva au-dessus de lui, et se mit à courir dans la réserve. Le crochet tomba par terre, et Gary pensa que sa dernière heure était arrivée. Tout à coup, l’éléphant s’arrêta, jeta Gary au sol, et leva son pied, prêt à l’écraser. Le premier dresseur accourut sur ces entrefaites, releva la patte de l’éléphant avec son crochet et hurla: “Lâche!” Et Punky s’éloigna comme si de rien n’était.

Un tempérament à connaître

Le dresseur doit connaître le tempérament des animaux avec lesquels il travaille. Un jour, Larry nourrissait un aigle des singes capturé en Amérique du Sud. C’était une femelle qui s’appelait Harpie et qui avait joué dans le film du même nom. Elle pesait sept kilos et mesurait 66 centimètres. Elle avait des serres si grandes qu’elles pouvaient vous entourer le poignet et dépasser d’encore plus de sept centimètres. La pression exercée par de telles serres atteignait 300 kilos. Eh bien, un jour que Larry lui donnait des cous de poulet à manger, la bête perchée sur son bras, il lui est arrivé l’incident suivant:

“J’ai légèrement bougé le bras, et elle s’est agrippée à moi. J’avais fait une erreur. Elle ne mangeait plus sa nourriture comme d’habitude, et si son instinct de possession se dirigeait sur le cou de poulet, je savais qu’elle allait me broyer le poignet. Chaque fois que je faisais le moindre geste, elle serrait encore plus fort ses pattes. Et cela dura vingt minutes. Mon bras commençait à trembler, et ma main à devenir bleue. Enfin, elle avala le cou du poulet et relâcha son étreinte. Pour elle, rien ne s’était passé; mais je n’ai pas pu me servir de mon bras pendant plusieurs jours.

“Il faut des années pour apprendre les règles à suivre dans le dressage. Chaque animal a son propre tempérament. Il y en a certains que l’on peut dresser en les punissant. C’est ainsi que le lion et le tigre réagissent un peu comme le chien. On peut les punir en les frappant. Mais ne frappez jamais un loup ou un oiseau de proie, car ils ne réagissent pas au dressage par la force. N’essayez pas non plus de leur faire peur.

“J’ai déjà vu des dresseurs expérimentés recevoir un coup de croc pour avoir voulu frapper un loup. Le dresseur peut très bien donner un coup de bâton au loup, en se disant qu’après tout, la veille, il a frappé ainsi un lion et que cela a très bien marché. Mais que l’on essaie ce traitement sur le loup, et il sort les crocs. Le loup ne supporte pas ce genre de traitement. Avec les oiseaux de proie, c’est pareil: on ne peut pas les réprimander d’une chiquenaude sur le bec. Le seul rapport que l’on puisse établir avec un rapace est basé sur la paix. Il ne faut être brusque ni dans ses mouvements, ni dans ses paroles. L’animal doit se sentir en sécurité. C’est la seule méthode qui marche, associée au fait que c’est le dresseur qui nourrit la bête.

“Ne vous attendez pas non plus à ce que toutes les bêtes sauvages se prêtent au dressage. La plupart de mes oiseaux de proie, je les ai capturés dans la nature. C’est ainsi que j’ai pris une dizaine ou une douzaine de faucons, que je les ai emmenés chez moi et que j’ai observé lesquels réagissaient sans problème au dressage. Ensuite, j’ai relâché les autres.”

Mais Larry et Chris ont surtout travaillé avec des lions et des tigres.

“Les lions sont grincheux, explique Larry. Ils ne veulent pas qu’on les ennuie, particulièrement quand il fait chaud. Avec un tigre, on peut batailler toute la journée. Mais si l’on commence à énerver un lion sur l’heure du midi, on sera obligé de se battre.”

Quand tous deux travaillaient dans un parc naturel, leur bête préférée était Nadji, un tigre du Bengale.

“Nadji était calme, placide et paisible. Tout ce qu’il aimait, c’était se promener. Il était vraiment doux. On pouvait lui faire faire n’importe quoi, parce qu’il savait qu’on ne le forcerait jamais. Il pouvait se promener à son gré dans toute l’île.”

“Raconte comment Nadji te protégeait”, suggère Chris.

“Eh bien, il y avait une tigresse qui s’appelait Bagdad, dit Larry. Cette bête était différente: agressive, joueuse, un peu sournoise. Elle avait coutume de se faufiler n’importe où dans l’île et de se cacher. Ensuite, quand on marchait à sa hauteur, elle attaquait par derrière. À la voir faire, les gens auraient presque attrapé une crise cardiaque, alors qu’en réalité elle se comportait exactement comme un chat d’appartement, sauf qu’elle pesait quelques centaines de kilos. Tout ce qui lui plaisait, c’était de vous aplatir au sol comme une crêpe, de lancer ses pattes de derrière en l’air, et de reprendre sa course. Or, si Nadji était dans les parages, il lui courait après, l’arrêtait et lui administrait une correction. Bagdad se sauvait, et Nadji ne me quittait plus d’un pas.

“Il y avait aussi Shantee, une tigresse de Sibérie affligée de strabisme. Elle courait vers moi, en observant trois mètres d’écart pendant toute sa course, puis, à la fin, d’un bond, elle m’arrivait dessus. Elle aimait jouer. Je pouvais proposer n’importe quel exercice, Shantee était toujours pour.

“Il y avait un autre tigre de Sibérie, un mâle de plus de trois mètres de long, qui atteignait un mètre vingt au garrot et qui devait peser dans les 270 kilos. Lui aussi avait sa manie: il aimait bien qu’on le monte. Son goût lui était venu par hasard. Un jour que nous donnions un spectacle sur la piste, il s’était assis. Je m’étais donc approché de lui, l’avais caressé, en l’entourant avec ma jambe. D’un bond il se releva, et je me retrouvai sur son dos. Les spectateurs applaudirent à tout rompre, pensant que cela faisait partie du numéro. L’animal fit une fois ou deux le tour de la piste, puis fila comme un trait dans le tunnel. Par la suite, il fallut que je le monte dans le parc, n’importe où, et nous filions à toute vitesse devant les gens. Ce n’est pas tout le monde qui monte un tigre de Sibérie...”

Mais celui-là était devenu trop gros; il finit par peser dans les 360 kilos et mesurer plus de cinq mètres. Les tigres de Sibérie figurent parmi les plus grands prédateurs terrestres; à quelques exceptions près, ils ont mauvais caractère, et l’on a de la peine à les apprivoiser. La famille Titus a eu du chagrin lorsqu’il lui a fallu se séparer de cette bête, mais la direction avait décidé de l’envoyer en Chine.

Le dressage en douceur

“Nos spectacles ne se déroulent pas dans un zoo ou dans un cirque, explique Larry, mais dans un cadre naturel, celui de l’île aux Tigres. En général, nous dressons les animaux dès leur plus jeune âge. Nous les laissons jouer et faire les fous, puis nous imaginons un numéro à partir de leurs qualités naturelles. Tous les traits que nous observons chez chaque animal, nous les accentuons, si bien que la bête est à 90 pour cent responsable du numéro. Si elle aime se rouler par terre ou jouer avec des bâtons, on lui apprend qu’à chaque fois qu’elle le fera, elle recevra à manger. Si elle aime adopter une certaine position, nous employons aussi le système des récompenses. C’est ce que l’on appelle le dressage en douceur.

“Cette forme de dressage fait apparaître ce qu’il y a de mieux dans la nature d’une bête sauvage. Dans un cirque, c’est bien souvent l’inverse. On voit le dompteur cerné par des lions et des tigres rugissants: il les maintient en respect avec un fouet, une chaise et un revolver. On oblige les animaux à se montrer féroces. Le dompteur veut faire croire que ses bêtes sont dangereuses et impressionner les spectateurs par leur méchanceté.

“Dans les coulisses des cirques, j’ai déjà vu des dompteurs crier sur leurs bêtes, les piquer pour les exciter. J’ai vu des fauves que l’on sous-alimentait pour qu’ils fassent un bon numéro. S’ils s’étaient bien comportés, alors on leur donnerait peut-être à manger.”

Mais quand la famille Titus travaillait avec des animaux, ce n’était pas du domptage mais du dressage qu’elle pratiquait. Celui-ci se déroulait dans un cadre plus agréable.

“Par exemple, explique Larry, j’ai dressé les animaux qui jouaient dans un film intitulé ‘Silence’. Il fallait faire intervenir une ourse, un ourson, un porc-épic et deux coyotes. Le scénario prévoyait qu’ils aient un comportement naturel. Les bêtes devaient se rendre d’un point A jusqu’à un point B, ou bien d’un point C jusqu’à un point D. J’ai donc disposé de la nourriture sur les différents itinéraires, puis j’ai conduit à deux reprises les bêtes en laisse le long de ce tracé. La veille du tournage, je ne leur ai pas donné à manger, si bien qu’elles étaient impatientes de prendre la route indiquée par le scénario. Il y avait une scène où le porc-épic devait poursuivre un acteur, le faire sortir de son cabanon et l’obliger à dévaler une colline. Tout ce que l’acteur a eu à faire, c’est d’aller devant le porc-épic, et l’animal a couru à sa suite.”

Chris résume les sentiments qu’elle et son mari éprouvent aujourd’hui:

“Quand on observe les animaux sauvages dans leur habitat naturel, on est peiné de penser que l’homme les met en cage dans des zoos ou dans des cirques, comme des criminels. Le temps que nous avons passé avec des bêtes nous a prédisposés à accepter les vérités que renferme la Parole de Dieu sur le rétablissement du paradis terrestre, sous la direction du Royaume du Christ.

“Nous avons été enthousiasmés d’apprendre que la Bible promet en Ésaïe 11:6-9 que la paix régnera entre les animaux et qu’il est dit qu’un petit enfant pourra les conduire. Cela nous a incités à désirer en savoir davantage sur ce que Jéhovah Dieu garde en réserve pour l’humanité. Pour avoir énoncé une promesse aussi extraordinaire, Jéhovah devait parfaitement comprendre l’amour que les humains éprouveraient pour les merveilleux animaux qu’il a créés.

“Bien qu’il se soit écoulé pas mal de temps depuis la dernière fois où nous avons travaillé avec les animaux que nous venons de citer, nous retournons les voir de temps à autre. Certains comme Nadji, le tigre du Bengale, nous reconnaissent.

“Nous espérons, et nous prions pour cela que Jéhovah nous gardera dans son nouveau système une place où nous pourrons nous occuper d’animaux, puisque l’animal sauvage comme l’animal domestique requièrent l’attention de l’homme. Nous attendons avec impatience ce nouveau système, et nous savons que, quoi que nous fassions dans le nouvel ordre juste de Dieu, notre cœur sera comblé.

“C’est grâce à Gary, le frère jumeau de Larry, que nous avons appris les vérités bibliques sur le nouvel ordre. Malheureusement, Gary s’est endormi dans la mort il y a un an. Lui aussi attendait ardemment de pouvoir de nouveau grimper sur des rhinocéros et caresser des lions, comme Larry et lui l’avaient fait auparavant.

“En somme, nous attendons beaucoup de l’avenir. Que Dieu est bon d’avoir énoncé une telle promesse à l’intention des humains qui lui obéiraient!”

[Illustration, page 10]

On ne frappe jamais un loup. Il ne supporte pas ce genre de traitement.

[Illustration, page 11]

Harpie peut exercer avec ses serres une pression supérieure à 300 kilos.

[Illustration pleine page, page 12]

    Publications françaises (1950-2025)
    Se déconnecter
    Se connecter
    • Français
    • Partager
    • Préférences
    • Copyright © 2025 Watch Tower Bible and Tract Society of Pennsylvania
    • Conditions d’utilisation
    • Règles de confidentialité
    • Paramètres de confidentialité
    • JW.ORG
    • Se connecter
    Partager